A l'initiative d'associations locales, plusieurs dizaines d'habitants de Saint-Ouen se sont rassemblés devant la mairie
A l'initiative d'associations locales, plusieurs dizaines d'habitants de Saint-Ouen se sont rassemblés devant la mairie © maxPPP/Le Parisien/Guillaume Georges

Dans un entretien au Parisien de ce jeudi, le ministre de l'Intérieur a annoncé que police et douanes ont mené ensemble une action anti-drogue à Saint-Ouen mercredi. Une descente qui a visé autant les vendeurs que les consommateurs.

Bernard Cazeneuve :

On ne pas accepter que des habitants des quartiers plus favorisés viennent tranquillement s'approvisionner en produits prohibés, perturbant la vie locale et contribuant à la dégradation de l'ordre et de la tranquillité publique. L'ensemble des acteurs, acheteurs, rabatteurs, guetteurs, vendeurs et organisateurs, qui contribuent à la prospérité de ce trafic local, sont visés et feront l'objet systématiquement d'un traitement pénal dissuasif.

Des renforts de sécurité, mais sont-ils suffisants ?

Bernard Cazeneuve promet aussi que "près de 50 policiers des compagnies républicaines de sécurité seront présents en permanence sur la ville" ainsi que des caméras mises en œuvre par la municipalité et que le gouvernement va contribuer à financer.

Sortir du métro, marcher 300 m , acheter sa barrette et repartir aussitôt. Le flux de clientèle est inépuisable à Saint-Ouen. Vendeur, guetteurs et consommateurs se rencontrent à quelques mètres de la mairie. Les habitants disent connaître les gens qui vivent du cannabis et ne pas croire en une solution du problème, tellement ce trafic rapporte.

Le reportage à Saint-Ouen de Philippe Randé

1'41

Reportage à Saint-Ouen

Cette action et les renforts sont devenus indispensables après une série de fusillades, dont la dernière, fin avril à l'arme automatique, a fait trois blessés chez des acheteurs.

William Delannoy, le maire divers-droite de Saint-Ouen et Bruno Le Roux, le député PS de Seine-Saint-Denis avaient été reçus début mai par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui avait promis des moyens, d'où la satisfaction du maire de la ville. "Moi je suis favorable à tout, du moment qu'on essaye quelque chose, explique William Delannoy. On part de pas grand-chose mais 50 policiers c'est toujours mieux que rien du tout. Et si ce dispositif ne fonctionne pas, il faudra aller au-delà."

William Delanoy : "C'est un vrai travail de fond avec des gens, en face, qui sont strucutrés, c'est une vraie économie parallèle.'" >

0'57

William Delanoy, maire divers-droite de Saint-Ouen.

Dimanche, une centaine d'habitants de tous âges de Saint-Ouen ont manifesté pour dire stop à la violence, à l'appel d'un collectif de mères de famille.

Sidonie Baignières est l'une des porte-paroles du collectif "Saint-Ouen debout". C'est peu de dire qu'elle est déçue des mesures Cazeneuve. Selon elle, ce n'est pas du tout des contrôles de police qu'il faudrait

5'09

Sidonie Baignieres

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.