Longtemps isolé, le confetti britannique des mers du Sud rendu célèbre par Bonaparte va finalement avoir sa liaison aérienne régulière. Et permettre à Londres de s'en détacher.

La compagnie sud-africaine Airlink doit relier Jamestown à Johannesburg ou Capetown une fois par semaine. Compter six heures de vol et 800 livres l'aller-retour, contre six jours de mer et, parfois, 4 000 livres pour le transport en bateau.
La compagnie sud-africaine Airlink doit relier Jamestown à Johannesburg ou Capetown une fois par semaine. Compter six heures de vol et 800 livres l'aller-retour, contre six jours de mer et, parfois, 4 000 livres pour le transport en bateau. © Gouvernement de Sainte-Hélène

A Sainte-Hélène, depuis la découverte de l’île par le navigateur galicien João da Nova en 1502 (le le 21 mai, jour de la Sainte-Hélène, donc), on n’est pas embêté : moins de 4 000 autochtones, quelques centaines de visiteurs, un bateau régulier de la marine britannique (six jours de mer depuis Capetown, en Afrique du Sud, mais pas de port à quai) et pas de liaison aérienne commerciale.

Et encore, depuis 2016, le confetti britannique situé au milieu de l'océan Atlantique sud, à l'ouest de la Namibie, a un aéroport. Un équipement jugé indispensable pour garantir les évacuations sanitaires mais qui, depuis son inauguration, n’a pas été approché par un seul vol commercial.

Un pari touristique

En effet, dès 2016, les premiers tests ont révélé une approche très difficile, du fait de « conditions climatiques dangereuses ». Faute de pouvoir se rabattre sur un autre site d’atterrissage en cas de vents trop violents – la Namibie, terre la plus proche, est à 1 856 km – nul opérateur aérien ne se serait risqué à assurer une liaison régulière avec des passagers.

Est-ce la météo qui a changé ? La bougeotte des habitants qui a augmenté ? Non. Et pourtant, celui que les Britanniques ont qualifié d’« aéroport « le plus inutile au monde » (il a coûté 285 millions de livres, soit 332 millions d’euros) va finalement accueillir un vol hebdomadaire et ses 68 passagers en provenance de Johannesburg.

La tutelle britannique de l’île, qui reçoit 53 millions de livres par an, estime qu’un boom touristique ne serait pas du luxe. Qu’il pourrait contribuer à accélérer le développement d’une île de 122 km2 où, par exemple, la téléphonie mobile n’existe que depuis… 2015. Entre mai 2016 and mai 2017, 3 795 touristes ont été accueillis.

Le prix de la liberté

Le RMS St Helena, qui assure la liaison entre l'île et le continent, sera retiré du service en février 2018.
Le RMS St Helena, qui assure la liaison entre l'île et le continent, sera retiré du service en février 2018. / Gouvernement de Sainte-Hélène

Mais cela va changer, assure-t-on à Jamestown. A terme, selon un rapport de 2011, le gouvernement local attend 30 000 visiteurs en rythme annuel. Et, pour accueillir le premier vol d’AirLink, le premier hôtel de luxe de l’île – 30 chambres – est supposé ouvrir ce week-end. L’occasion, pour cette nouvelle vague de touristes, de découvrir, outre la dernière demeure de Bonaparte, une terre riches en espèces animales et végétales, relativement préservée.

L’occasion, surtout, de créer les conditions d’une plus grande autonomie pour l’île, qui, bientôt, ne verra plus approcher le RMS St Helena, dont la dernière traversée est prévue pour février 2018.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.