Salah, érythréen, est arrivé en France le 5 juillet après avoir été recueilli sur le bateau humanitaire Lifeline. Le navire avait erré plusieurs jours en Méditerranée avant de pouvoir finalement accoster à Malte. La France s'était engagée à l'accueillir avec 51 autres migrants. France Inter a retrouvé le jeune homme.

Salah est arrivé le 5 juillet à l'aéroport de Roissy avec 51 autres migrants
Salah est arrivé le 5 juillet à l'aéroport de Roissy avec 51 autres migrants © Radio France / Delphine Evenou

Le voyage de Salah a commencé il y a deux ans. Agriculteur en Érythrée, non loin de la frontière avec le Soudan, le jeune homme décide de fuir son pays, pour ne pas effectuer le service militaire, d'une durée indéterminée et où les témoignages d'exactions envers les appelés sont nombreux. Son périple va le conduire à travers le désert soudanais, avant d'arriver en Libye, où il raconte, les yeux rougis, avoir été torturé pendant un an. 

La traversée

Des passeurs, que Salah devra payer deux fois, conduisent finalement le jeune homme à bord d'une embarcation de fortune pour traverser la Méditerranée. Son canot pneumatique est en perdition, et le Lifeline, géré par une ONG allemande et battant pavillon néerlandais, vient à leur secours le 21 juin, ce qui lui vaudra les foudres du ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, car les gardes-côtes libyens étaient en route pour intervenir. L'ONG allemande met, elle, en avant le droit maritime qui commande d'amener des personnes en difficulté dans le port le plus proche mais surtout le plus sûr. Après plusieurs jours d'errance en mer, comme l'Aquarius quelques jours plus tôt, le Lifeline, avec ses quelques 230 migrants à bord, reçoit finalement l'autorisation d'accoster à Malte le 27 juin.

L'entretien

La France annonce le 3 juillet qu'elle va accueillir certains des migrants du Lifeline. Des agents de l'OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) se rendent immédiatement au port de La Valette pour mener une série d'entretiens afin de déterminer ceux qui peuvent bénéficier d'une protection. Salah fait partie de ceux-là. Le taux de protection accordée aux Érythréens est de 73% en France selon le rapport d'activité 2017 de l'OFPRA. Le 5 juillet, il s'envole pour Paris avec les 51 migrants sélectionnés par l'équipe de l'OFPRA.

Salah, à son arrivée à l'aéroport de Roissy
Salah, à son arrivée à l'aéroport de Roissy © Radio France / Delphine Evenou

L'installation

Après l'OFPRA, c'est l'OFII (Office Français de l'Intégration et de l'Immigration) qui prend en charge Salah. Il est d'abord conduit dans un premier centre d'accueil en Seine-Saint-Denis, le temps de trouver un centre d'hébergement plus pérenne, et d'enregistrer formellement sa demande d'asile. Mi-juillet, avec trois autres réfugiés érythréens du Lifeline, il est accepté dans un centre Adoma d'accueil de demandeurs d'asile en Isère, à La Verpillière. 

Salah avec ses amis érythréens eux aussi recueillis par le Lifeline
Salah avec ses amis érythréens eux aussi recueillis par le Lifeline © Radio France / Delphine Evenou

Le jeune homme y pose le peu d'affaires qu'il possède. Il occupe désormais une petite chambre à la décoration sommaire. C'est la première fois qu'il a une pièce pour lui. Le 2 août, Salah est officiellement devenu réfugié, reconnu comme tel par les autorités françaises. Il attend maintenant son rendez-vous en préfecture, fin août, afin d'obtenir le récépissé qui prouve son statut, et de pouvoir entamer ses démarches d'intégration : trouver un travail, et un appartement. 

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Pour l'instant, il a droit à trois mois d'hébergement dans le centre d'accueil des demandeurs d'asile isérois où il est, renouvelable une fois.

Salah dans sa chambre au centre d'accueil de demandeurs d'asile de La Verpillière (Isère)
Salah dans sa chambre au centre d'accueil de demandeurs d'asile de La Verpillière (Isère) © Radio France / Delphine Evenou
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L'intégration

L'ancien agriculteur, qui gardait des bœufs en Érythrée, rêve maintenant de devenir mécanicien automobile. Il va être accompagné dans sa recherche par une assistante sociale, qui le suit à La Verpillière. Salah va également bénéficier de 200 heures de cours de français pour avoir un niveau qui lui donne une certaine autonomie, ainsi qu'une formation aux valeurs de la République, comme l'exige le "Contrat d'intégration républicaine" qui va de pair avec l'obtention de son statut de réfugié.

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