Le nouveau gouvernement italien a autorisé ce samedi le bateau humanitaire Ocean Viking à accoster sur l'île de Lampedusa. Une première après des mois de refus par l'ancien ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini. Mais le bras de fer entre le Parti démocrate et le Mouvement 5 étoiles ne s'annonce pas terminé.

Des migrants secourus à bord du navire "Ocean Viking" de MSF et SOS Méditerranée
Des migrants secourus à bord du navire "Ocean Viking" de MSF et SOS Méditerranée © AFP / Anne Chaon

C'est un radical changement de position pour l'Italie : après des mois de refus catégoriques, le gouvernement italien a autorisé, ce samedi, le navire Ocean Viking, affrété par les ONG Médecins sans frontières et SOS Méditerranée, à accoster sur l'île de Lampedusa, avec à son bord 82 migrants sauvés en mer. "Nous avons d'abord été soulagés pour les personnes qui sont à bord, 58 hommes, six femmes et 18 mineurs dont 17 non accompagnés, dont des très jeunes mineurs en situation de grande vulnérabilité et qui doivent absolument être débarqués dans un lieu sûr le plus vite possible, c'est notre priorité", explique la directrice générale de SOS Méditerranée Sophie Beau.

Dès jeudi, le président du conseil Giuseppe Conte avait annoncé que plusieurs pays européens s'étaient engagés à accueillir les migrants du Ocean Viking, et donc que le bateau pourrait probablement entrer dans les eaux italiennes, après deux semaines au large des côtes libyennes. Il a fallu attendre samedi pour qu'un dirigeant du Parti démocrate, l'un des deux partis du gouvernement de coalition qui a pris ses fonctions jeudi, confirme que le bateau s'est vu assigner un port de débarquement. Les dernières négociations sont en cours selon Sophie Beau : "Les modalités de ce débarquement ne sont pas encore finalisées : on veut être certains qu'au moment où on va pénétrer dans les eaux territoriales comme nous y sommes invités, il n'y ait pas d'autres mesures qui puissent s'appliquer à l'encontre de notre navire. Donc nous sommes encore en discussion". 

Bras de fer au sein du gouvernement

Ce feu vert indique-t-il une nouvelle direction du gouvernement italien en ce qui concerne la politique migratoire ? "C'est un signe encourageant que l'Italie reprenne les discussions avec d'autres pays européens : on espère que surtout cela va aboutir à un mécanisme de débarquement en Méditerranée qui soit stable, pérenne et concerté", explique la directrice générale de SOS Méditerranée. Les ONG attendent en effet de savoir si Rome acceptera de reprendre les discussions internationales sur l'accueil des migrants, auxquelles l'ancien ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, qui a démissionné cet été, avait fermé la porte. 

Mais la question pourrait continuer à faire débat au sein du gouvernement : le nouveau ministre des Affaires Étrangères, Luigi di Maio, chef de file du Mouvement cinq étoiles (l'autre parti de la coalition), a indiqué qu'il était favorable à la poursuite de la politique précédente. Il a insisté samedi sur le fait que l'Ocean Viking n'a été autorisé à accoster à Lampedusa que parce que d'autres pays européens se sont engagés à accueillir ses passagers. De son côté, Matteo Salvini a critiqué cette décision, a affirmé sur Twitter que "l'Italie va redevenir le camp de réfugiés de l'Europe". 

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