[scald=94293:sdl_editor_representation]par Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy et David Cameron ont vanté vendredi la qualité des relations franco-britanniques malgré leurs divergences, lors d'un sommet placé sous le signe de la coopération dans les domaines de la défense et de l'énergie nucléaire.

Sans aller jusqu'à apporter, comme la chancelière allemande Angela Merkel, un soutien franc et massif au président français, engagé dans un combat difficile pour sa réélection, le Premier ministre britannique lui a souhaité "bonne chance".

"J'espère que tout se passera bien pour mon ami dans la bataille qui vient", a-t-il dit lors d'une conférence de presse commune, tout en admettant que faire campagne en France pour son "ami" Nicolas n'aurait pas nécessairement l'effet escompté.

Les deux hommes ont fait assaut d'amabilités, tout en admettant des divergences sur les questions européennes.

"Nous sommes en train d'organiser les choses de façon à pouvoir nous retrouver", a déclaré Nicolas Sarkozy. "Je suis convaincu que l'Europe a besoin de la Grande-Bretagne."

"Donc nous sommes en train de mettre en place avec David Cameron des méthodes de travail qui vont permettre de réduire les différences (...) pour faire en sorte que nous regardions l'avenir, avec nos spécificités, dans la même direction."

Entre la France et le Royaume-Uni, l'heure n'était plus ces derniers mois à "l'entente formidable" célébrée par Nicolas Sarkozy et le prédécesseur travailliste de David Cameron, Gordon Brown, au début du quinquennat du président français.

S'ils ont fait cause commune pendant la crise libyenne pour apporter un soutien militaire aux rebelles anti-Kadhafi, les deux hommes se sont souvent opposés sur la crise de la zone euro et les remèdes à lui apporter.

Nicolas Sarkozy a notamment vigoureusement rejeté la demande de David Cameron d'être associé aux décisions sur le sauvetage de la zone euro, dont le Royaume-Uni ne fait pas partie.

Le Royaume-Uni est le seul pays de l'Union européenne avec la République tchèque à avoir refusé le nouveau pacte budgétaire proposé par la France et l'Allemagne.

ACCORDS SUR LA DÉFENSE ET L'ÉNERGIE

David Cameron s'est aussi opposé à l'instauration d'une taxe sur les transactions financières (TTF) si elle n'est pas mise en oeuvre au niveau mondial, alors que Nicolas Sarkozy propose de la mettre en place en France et en Europe.

Les dirigeants français ont agacé Londres en estimant que les agences de notation avaient autant de raisons de priver le Royaume-Uni de son "triple A" que de sanctionner la France.

Nicolas Sarkozy a également irrité les dirigeants et la presse britanniques en déclarant le 29 janvier à la télévision : "Au Royaume-Uni (...) ils n'ont plus d'industrie".

La part de l'industrie dans le PIB britannique est supérieure à ce qu'elle est en France.

Mais vendredi, si l'entente n'était pas encore redevenue "formidable", du moins le président français et le Premier ministre britannique ont-ils tout fait pour qu'elle apparaisse "amicale", selon la formule du premier.

"Je pense qu'il n'y a pas eu une coopération franco-britannique aussi étroite depuis la Seconde Guerre mondiale, pas seulement sur la Libye mais aussi sur des sujets cruciaux comme la Syrie, l'Iran, la Somalie et bien sûr la coopération militaire", a notamment déclaré David Cameron.

Quatre déclarations communes ont ainsi été diffusées à l'issue d'un sommet de trois heures et demie -- sur la sécurité et la défense, sur la politique énergétique en générale, sur le nucléaire en particulier et sur la Syrie.

Les deux pays ont signé à cette occasion une dizaine d'accords portant sur leur coopération dans l'énergie nucléaire et une lettre d'intention sur l'étude de drones de surveillance et de combat (voir ).

Le chef de l'Etat français, qui ne jure ces derniers mois que par le modèle économique et social allemand et a démarré sa campagne présidentielle sur le thème des valeurs, a pour sa part loué cette fois le pragmatisme britannique.

"S'il y avait une voie pour nous, les Français, peut-être que c'est le point qui nous rapproche le plus des Anglais, cette longue histoire, dont nous sommes si fiers, que nous ne tenons pas trop à partager avec les autres, et cette volonté d'épouser la modernité", a-t-il ajouté.

Edité par Yves Clarisse

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