A l'issue d'un sommet à trois à Strasbourg avec le nouveau président du Conseil italien, Mario Monti, le chef de l'Etat français a paru faire un pas vers la chancelière allemande, qui est restée intransigeante sur l'indépendance de la BCE.

"Tous les trois, nous avons indiqué que, dans le respect de l'indépendance de cette institution essentielle, il fallait s'abstenir de demandes positives ou négatives", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse commune.

"C'est une position que nous avons élaborée ensemble", a-t-il ajouté. "Elle nous semble adaptée à la situation."

Le président français a dû mettre une sourdine, au moins à ce stade, à son souhait de voir élargi et renforcé le rôle de la BCE dans la gestion de la crise de la zone euro.

Pour la France, soutenue par plusieurs pays, faire de la BCE un prêteur en dernier ressort serait la meilleure solution pour éviter la contagion de la crise des dettes souveraines, ainsi que l'a rappelé le ministre français des Affaires européennes.

"La France pense que, à terme, il faudra que la Banque centrale européenne ait le même rôle que la Réserve fédérale aux Etats-unis", a dit Jean Leonetti sur Radio Classique.

Mais les Allemands ne veulent parler à ce stade que d'une modification des traités européens pour durcir la discipline budgétaire au sein de la zone euro, condition préalable, à leurs yeux, à tout élargissement du rôle de la BCE.

SOUTIEN À MONTI

Angela Merkel l'a confirmé à Strasbourg en saisissant la perche tendue par Nicolas Sarkozy pour affirmer que les propositions de modification des traités européens envisagées par Paris et Berlin n'avaient "rien à voir avec la BCE".

"Le président français vient de souligner que la BCE est indépendante et donc des modifications éventuelles du traité ne concernent pas la BCE qui, elle, s'occupe de la politique monétaire, de la stabilité monétaire", a-t-elle dit.

Il s'agit en revanche, a expliqué la chancelière allemande, d'"émettre un signal de coopération encore plus étroite" au sein de la zone euro en avançant "dans la voie d'une union fiscale" et d'une plus grande coordination des politiques économiques.

Nicolas Sarkozy n'a pas voulu entrer dans les détails des futures propositions franco-allemandes.

Il s'est borné à dire qu'il s'agissait d'améliorer la gouvernance de la zone euro et d'aller vers plus d'intégration et de convergence des politiques économiques.

Il a souligné que la France, l'Allemagne et l'Italie étaient "parfaitement conscientes" de la gravité de la situation dans la zone euro et "déterminées à travailler dans le même sens" pour soutenir la monnaie unique européenne.

Le président français et la chancelière allemande ont apporté leur soutien au successeur du très contesté Silvio Berlusconi, qui a été contraint de démissionner sur fond de crise de confiance des marchés financiers à l'encontre de l'Italie, dont la dette est équivalente à 120% de son PIB.

Mario Monti a présenté à Nicolas Sarkozy et Angela Merkel son programme de réformes pour redresser les finances publiques de l'Italie et confirmé son objectif de retour à l'équilibre budgétaire en 2013.

Les trois dirigeants, qui n'ont eu jeudi qu'un peu plus d'une heure et demie d'entretien, sont convenus de se revoir prochainement à Rome, à l'invitation de Mario Monti.

Edité par Patrick Vignal

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