C'est la troisième fois que Nicolas Sarkozy rencontre Vladimir Poutine depuis qu'il a quitté la présidence française en 2012
C'est la troisième fois que Nicolas Sarkozy rencontre Vladimir Poutine depuis qu'il a quitté la présidence française en 2012 © MaxPPP

L'ex-président français a rencontré ce jeudi Vladimir Poutine dans sa résidence de Novo Ogarevo, près de Moscou, se disant "persuadé que le monde a besoin de la Russie" et rappelant l'importance de "discuter, s'écouter et se respecter".

L’annonce de la visite de Nicolas Sarkozy avait fait grincer dans les rangs de la majorité. En vain. Ce jeudi, l’ex-président français a rencontré l’homme fort de la Russie dans sa résidence de Novo Ogarevo, près de Moscou. Lors d’une brève entrevue à la presse avant le début de leur entretien, le président du parti Les Républicains a déclaré être "content d'être ici à Moscou", "convaincu que le monde a besoin de la Russie", tutoyant à l’envi le chef d’Etat russe.

C'est la troisième fois que Nicolas Sarkozy rencontre Vladimir Poutine depuis qu'il a quitté la présidence française en 2012 . À sa suite, les anciens ministres Rachida Dati, aujourd'hui députée européenne, Christian Jacob, président des députés LR, et Pierre Lellouche, député et délégué aux affaires internationales du parti.

Avec ton discours, tu as beaucoup impressionné, pas seulement ceux qui se trouvaient dans la salle mais aussi à l'extérieur

Cordial et détendu, Vladimir Poutine a de son côté salué le discours de l'ancien président français, donné dans la matinée devant les étudiants du MGIMO, le prestigieux institut des relations internationales de Moscou. "Avec ton discours, a ainsi souligné le président russe à l’adresse de Nicolas Sarkozy, tu as beaucoup impressionné, pas seulement ceux qui se trouvaient dans la salle mais aussi à l'extérieur".

Dans son discours, Nicolas Sarkozy a appelé les Occidentaux à rompre l'isolement de la Russie, partenaire "incontournable" pour le règlement du conflit en Syrie . "Dans le monde qui est le nôtre, nous devons à tout prix éviter une nouvelle Guerre froide", a ajouté l'ancien chef d'Etat. Contrairement à François Hollande, il a appelé à ne pas faire du départ de Bachar Al-Assad un "pré-requis", même si "quelqu'un qui a sur la conscience la mort de 250.000 compatriotes ne peut pas représenter l'avenir du pays".

Face à Vladimir Poutine, Nicolas Sarkozy a aussi évoqué la guerre entre la Russie et la Géorgie en 2008, pendant laquelle la France dirigeait la présidence tournante de l'Union européenne et a négocié un accord de paix entre les deux pays.

Une visite inédite

L' ancien chef de l'Etat, toujours activement engagé en politique, en visite chez l'un des plus importants dirigeants de la planète, livrant une analyse antagoniste de la position officielle française.

Interrogé sur BFM en fin de journée, l'ancien Président qui ne s'est pas privé de critiquer la politique menée par son successeur à l'Élysée, a déclaré :

Il n'y a qu'un seul président de la République, c'est François Hollande. Il mène une politique que je combats, mais je ne saisirai pas l'occasion d'un déplacement à l'étranger.

Valls, agacé, recadre Sarkozy par médias interposés

Le Premier ministre Manuel Valls, interrogé jeudi sur Public Sénat à propos de la visite de Nicolas Sarkozy à Moscou, a demandé à l'ancien président de la République de ne "pas mettre en cause" la position de la France "à l'extérieur".

Ce que je demande aux leaders de l'opposition, c'est qu'ils ne mettent pas en cause ce qui est aujourd'hui engagé (...) Il faut de l'unité, c'est aussi un élément de force, de crédibilité , pour la France à l'extérieur.

Nicolas Sarkozy a refusé de lui répondre: "Je ne veux pas polémiquer" a-t-il dit, ni céder à "la petite politicaille".

"Il me paraît normal que l'ancien président de la République et chef de l'opposition aille discuter" avec des dirigeants étrangers, a expliqué l'ex président, précisant qu'il se rendrait notamment en Chine dans les prochains mois.

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