Eric Olsen, le patron du géant français du ciment, a démissionné à la suite d'une enquête interne sur d'éventuelles transactions avec des groupes armés en Syrie.

Eric Olsen, PDG de Lafarge Holcim
Eric Olsen, PDG de Lafarge Holcim © Reuters / Arnd Wiegmann

Il quittera le groupe le 15 juillet. Sa démission a été acceptée par le conseil d'administration qui a cependant conclu qu'Eric Olsen n'était ni responsable ni pouvant être considéré comme informé des actes répréhensibles identifiés dans le cadre de cette enquête.

"Ma décision est guidée par la conviction qu’elle contribuera à apaiser les fortes tensions qui sont récemment apparues autour de la question de la Syrie", a déclaré Eric Olsen, dans un communiqué diffusé par le groupe.

Le franco-américain Eric Olsen s'était vu confier les rênes de l'entreprise lors de la fusion en juillet 2015 du français Lafarge avec le suisse Holcim.

La recherche d'un successeur est d'ores et déjà lancée. Beat Hess, le président du conseil d'administration, reprendra les commandes l'entreprise par intérim pendant la transition.

Quand Lafarge pactise avec les terroristes

En mars, le groupe avait admis avoir conclu des arrangements pour maintenir l'activité d'une cimenterie située à Jalabiya, à 150 kilomètres au nord-est d'Alep.

Le groupe Lafarge a reconnu qu'une filiale locale a financé des arrangements avec des groupes armés, dont des personnes visés par des sanctions, alors que la situation politique en Syrie avait créé des conditions difficiles pour assurer la sécurité de l'usine et de ses employés.

Une enquête interne n'a pas pu établir avec certitude quels étaient les destinataires ultimes des fonds, selon LafargeHolcim. Selon Le Monde, qui avait révélé l'affaire en juin, ces arrangements ont notamment profité à l'organisation État islamique. Rétrospectivement, les mesures prises pour maintenir l'usine en activité étaient "inacceptables", a finalement admis le groupe.

Suite aux révélations du Monde, plusieurs ONG, puis le ministère de l’Économie, ont porté plainte contre le cimentier, l'accusant notamment de financement du terrorisme et d'avoir enfreint les sanctions édictées par l'Union européenne contre le régime de Bachar al-Assad.

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