Berthe Badehi née Elson a 88 ans. Depuis 25 ans, cette ancienne traductrice et commerçante, aujourd’hui retraitée, travaille à l'accueil des visiteurs au mémorial de la Shoah Yad Vashem à Jérusalem. Elle a survécu à la Shoah parce que des Justes l'avaient cachée. Témoignage

Après la guerre, Berthe a caché son passé. "Les personnes qui avaient réussi à survivre, on les considérait comme s'ils avaient fait quelque chose de mal."
Après la guerre, Berthe a caché son passé. "Les personnes qui avaient réussi à survivre, on les considérait comme s'ils avaient fait quelque chose de mal." © Radio France / Frédéric Métézeau

Française juive originaire de Lyon, fille de Juifs polonais communistes et résistants, Berthe Badehi a vécu cachée en Savoie de 1941 à 1944 chez Marie Massonnat. Des années dont elle retient, outre la gratitude envers son hôtesse, "une peur qu'on avait à l'intérieur que [quelqu’un] découvre qu’on est juif".

En 1956, après avoir rencontré un Israélien qui étudiait en France, elle part vivre à Jérusalem. De cette union, elle a eu deux fils, neuf petits-fils (dont le plus âgé est mort sous l’uniforme de Tsahal durant la seconde intifada) et sept arrières petits-enfants.

Nos petits-enfants, les troisièmes générations, sont très souvent beaucoup plus intéressés [par ce que nous avons vécu] que la seconde génération. Ils sont plus curieux de savoir.

Marie Massonat a été désignée "Juste des Nations" pour avoir caché des enfants juifs. En 1967, quand Israël a conquis la partie orientale de Jérusalem, le premier geste que Berthe a réalisé est de se rendre dans une boutique de la partie chrétienne de la vieille ville pour acheter une croix, qu'elle a offerte à Mme Massonat (décédée en 1973).

Le site du mémorial de la Shoah Yad Vashem à Jérusalem raconte son l'histoire de Berthe Badehi.
 

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