"Bye bye les voleurs", écrit cette électrice de Valence
"Bye bye les voleurs", écrit cette électrice de Valence © Reuters / Heino Kalis

Les élections municipales et régionales en Espagne ont tourné à la sanction générale pour la droite de Mariano Rajoy, et au quasi-plébiscite pour le mouvement Podemos ("nous pouvons") issu des Indignés, aux portes des mairies de Madrid et Barcelone.

À Barcelone, les ex-Indignés sont en tête à l'issue des municipales ; à Madrid, ils sont deuxième mais pourraient prendre la capitale avec le soutien du Parti socialiste. Les candidats du mouvement Podemos ont sérieusement secoué le traditionnel bipartisme espagnol, qui régnait sur la vie politique depuis la fin du franquisme.

C'est le résultat politique de quatre années d'austérité mais aussi de scandales de corruption à répétition, qui ont sérieusement entamé la popularité du PP, le parti (de droite) du chef de gouvernement Mariano Rajoy.

Un grand "no" à l'austérité européenne

Il ne s'agit pas toutefois d'un raz-de-marée. En nombre de voix, le PP est malgré tout en tête. Mais il réalise aussi son pire score depuis 1991 et il est en passe de perdre la majorité dans la plupart des régions qu'il contrôlait. La mairie de Madrid, fief de la droite depuis les années 1990, est elle aussi menacée.

Quant à Barcelone, l'alliance de gauche formée autour d'Ada Colau l'a emporté. Une victoire qui est aussi celle de "l'espoir", selon la candidate : le reportage de Frédéric Bourgade

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"On a dit qu'on pouvait le faire, et on l'a fait"

Après les élections, les tractations

Les indignés risquent d'être vite rattrapés par la réalité des négociation qui suivent les résultats, car à des élections à un tour, suivet souvent des tractations aux effets parfois inattendus.

A Barcelone ça va se passer entre les sept partis qui vont font leur entrée au conseil municipal. Ada Colau peut être renversée par une coalition d'opposants. Scénario inverse à Madrid.

Les explications de Mathieu de Taillac

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Barcelone et Madrid, le point

Les percées de Podemos ("Nous pouvons"), la formation de gauche anti-austérité issue du mouvement des Indignés en 2011, et de Ciudadanos (les Citoyens), parti libéral centriste engagé contre la corruption, ont bien eu lieu. Leur installation dans le paysage politique consacre la fragmentation de l'électorat espagnol et augure d'élections législatives compliquées cet automne.

Selon la totalisation du ministère de l'Intérieur portant sur la quasi-totalité des suffrages, le PP est crédité au niveau national de 27% des suffrages exprimés, soit un recul de plus de dix points par rapport aux précédentes élections locales, il y a quatre ans. Le PSOE limite ses pertes à 25% (-3 points).

A elles deux, les deux grandes forces politiques espagnoles ne pèsent plus que 52% des voix contre 65% aux régionales et municipales de 2011.

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