Chaque semaine, France Inter se penche sur les signes avant-coureurs de l'actualité internationale. Au programme ce vendredi : l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe demande l'annulation de l'élection présidentielle au Bélarus et évoque, outre la fraude, des violences "massives, indiscutables".

Dès l'annonce de la réélection d'Alexandre Loukatchenko, en août à Minsk, les manifestations se sont succédées, violemment réprimées.
Dès l'annonce de la réélection d'Alexandre Loukatchenko, en août à Minsk, les manifestations se sont succédées, violemment réprimées. © AFP / Sergei Gapon

Pour Alexandre Loukachenko, la sanction est sans appel : dans le premier rapport majeur indépendant publié sur la Biélorussie, l'OSCE demande l'annulation des résultats de la présidentielle d'août et décrit des "tortures systématiques" et des "violations massives des droits de l'Homme". Pour le Conseil permanent de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, les violences ont été "massives, indiscutables", "commises par les forces de sécurité en réponse à des manifestations pacifiques".

Au total, estime le rapporteur Wolfgang Benedek, "environ 13 000" personnes ont été arrêtées, et pour la plupart relâchées par la suite sans charge. Au passage, qu'il agisse de protestataires ou de passants qui se trouvaient au mauvais endroit, ces personnes auront été soumises à des "tortures et traitements inhumains ou dégradants".

Dans sa liste de recommandations, l'OSCE réclame "l'arrêt immédiat de toute violence" et la libération sans condition de tous les prisonniers politiques. Il faut aussi "cesser l'expulsion ou la pression exercée sur les dissidents politiques pour qu'ils quittent le pays", ajoute le rapporteur.  Surtout, il insiste sur la nécessité d'avoir de "véritables" élections répondant à des "critères internationaux", en présence d'observateurs indépendants.  

Du côté des autorités de Minsk, c'est le déni. Depuis sa réélection contestée le 9 août, le chef de l'État Alexandre Loukachenko, 66 ans dont 26 au pouvoir, s'enferme face à un mouvement de protestation historique qui réunit chaque semaine des dizaines de milliers de personnes.

Mais la pression de la communauté internationale reste soutenue. Ce vendredi, le président de la Biélorussie, son fils Viktor et treize autres responsables de la répression ont été officiellement ajoutés vendredi à la liste noire des personnes sanctionnées par l'Union européenne. Il leur est désormais interdit de séjourner dans un quelconque pays membre et leurs avoirs dans l'UE sont gelés.

Une nouvelle crise alimentaire pointe en Afrique

Quatre régions ou pays d'Afrique – le Burkina Faso, le nord-est du Nigéria, le Soudan du Sud et le  Yémen – risquent de sombrer dans une situation de famine, ont averti vendredi l'agence des Nations unies pour l'Agriculture et l'alimentation (FAO) et le programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies. En cause, selon les organisations internationales, une conjonction de conflits, de déclin économique, de situations climatiques extrêmes et de crises sanitaires, qui font "basculer les populations plus profondément dans la phase d'urgence de l'insécurité alimentaire".

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Pour inverser la tendance, la FAO et le PAM insistent sur la nécessite de faciliter l'accès à l'aide humanitaire et de poursuivre le financement des interventions humanitaires. Leur rapport se veut "un appel manifeste à prendre des mesures urgentes", a déclaré Dominique Burgeon, directeur du bureau des urgences et de la résilience de la FAO."Nous sommes vivement préoccupés par l'effet conjugué de plusieurs crises qui minent la capacité des personnes à produire de la nourriture et à y accéder, et les rendent plus sujettes à la faim extrême."

"Nous devons accéder à ces populations afin qu'elles disposent de denrées alimentaires, qu'elles aient les moyens d'en produire et qu'elles améliorent leurs moyens d'existence pour empêcher que le scénario le plus pessimiste ne se produise."

"Lorsque nous déclarons une famine, cela signifie que de nombreuses vies ont déjà été perdues. Si nous attendons d'être sûrs qu'elle soit là, des personnes ont déjà perdu la vie", a déclaré pour sa part Margot van der Velden, directrice du bureau des urgences du PAM.

Au Danemark, les visons paient le prix du coronavirus 

C'est un secteur sensible de l'économie danoise qui se voit balayé par la Covid-19. La production de vison, dont le pays est le leader mondial, est à l'arrêt : les 15 à 17 millions de bêtes à fourrure élevés au Danemark, dont certaines sont porteuses d'une mutation du coronavirus, doivent être abattues. Elle auraient transmis le virus muté à 12 personnes, menaçant l'efficacité d'un futur vaccin pour l'homme.

Le virus muté détecté sur des visons "ne réagit pas autant aux anticorps que le virus normal. Les anticorps ont toujours un effet, mais pas aussi efficace", a en effet affirmé le responsable de l'Autorité danoise de contrôle des maladies infectieuses (SSI). "Les recherches ont montré que les mutations pouvaient affecter les actuels candidats pour un vaccin contre le Covid-19", a poursuivi le ministre de la santé Magnus Heunicke.

Bon élève dans la gestion de la pandémie avec seulement 729 décès pour l'instant, le Danemark est confronté à une forte remontée du nombre de cas et a durci à nouveau ses mesures depuis la fin octobre.

Le gouvernement a promis des compensations à une filière qui emploie quelque 6 000 personnes et qui s'estime menacée d'une "liquidation permanente".

En Bref

Un prix Nobel de la paix aux commandes d'une opération militaire… Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed lancé mercredi l'armée éthiopienne contre le Tigré, dans le Nord de l'Ethiopie. Mais avec des "objectifs clairs et limités", après l'attaque de bases militaires du régime dans la région dissidente, a assuré le dirigeant récompensé en 2019 pour avoir mis un terme au conflit avec l'Érythrée.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le secrétaire général de l'ONU a appelé à une "désescalade immédiate des tensions" et à une "résolution pacifique" des différends entre Addis Abeba et les autorités du Tigré. "La stabilité de l'Ethiopie est importante pour l'ensemble de la Corne de l'Afrique", a ajouté Antonio Guterres.

Retour au calme en Côte d'Ivoire. L'activité semblait revenir à la normale ce vendredi dans les grandes villes ivoiriennes après les journées de troubles qui ont suivi la présidentielle de samedi. Les autorités ivoiriennes ont ainsi traité par le mépris jeudi l'appel à l'insurrection de l'ancien chef rebelle et ex-Premier ministre Guillaume Soro.

Le président Alassane Outtara a été réélu avec 94,27 % des voix le 31 octobre pour un troisième mandat controversé, l'opposition estimant sa candidature inconstitutionnelle et ayant appelé au boycott. Ancien allié du président Ouattara, Guillaume Soro, dont la candidature à la présidentielle a été invalidée par le Conseil constitutionnel, avait lancé mercredi sur les réseaux sociaux un appel à l'insurrection de l'armée, de l'administration et de la population, les enjoignant de "rallier le Conseil national de transition" proclamé par l'opposition.

Le président kosovar au tribunal. Inculpé pour crimes de guerre durant le conflit contre les forces serbes, Hashim Thaçi, qui a démissionné jeudi de la présidence du Kosovo, comparaîtra pour la première fois lundi devant le tribunal spécial, à La Haye, où il a été placé en détention. Une audience publique, durant laquelle le juge s'assurera "que les droits de l'accusé, y compris le droit à une représentation légale, sont respectés et que l'accusé comprend les charges retenues contre lui", a précisé le tribunal.

Ancien chef politique de la rébellion indépendantiste kosovare (UCK), Hashim Thaçi, 52 ans, doit répondre de crimes de guerre et crimes contre l'humanité contre les forces serbes. Avec trois autres, il est soupçonné de près de 100 meurtres, de disparitions forcées, de persécutions et de tortures, des actes qui auraient été commis entre mars 1998 et septembre 1999.