Alors que des dizaines de milliers de personnes ne sont toujours pas rentrées chez elles, le gouvernement japonais poursuit sa politique de retour progressif dans les villages

Un technicien montre avec un stylo de la centrale nucléaire de Fukushima après le séisme du 15 Mars 2011
Un technicien montre avec un stylo de la centrale nucléaire de Fukushima après le séisme du 15 Mars 2011 © AFP / Frederick Florin

Pour le gouvernement japonais, un certain nombre de villages sont désormais habitables. Les associations anti-nucléaires jugent au contraire cette politique d'incitation au retour "criminelle".

A la fin du mois de mars le gouvernement japonais va autoriser les habitants de la commune d'Itaté situé à une quarantaine de kilomètres de la centrale de Fukushima à rentrer chez eux. Iitate fait partie des localités de Fukushima relativement éloignées de la centrale mais qui ont été fortement contaminées. Les autorités ne s'en sont rendu compte que tardivement et l'évacuation n'a eu lieu que fin avril 2011.

Le gouvernement considère cette zone rurale comme de nouveau habitable, grâce à la décontamination qui a permis de réduire les doses d'exposition aux pourtours des maisons. Critère retenu par les autorités : l'exposition doit être inférieur à 20 millisievert par an. C’est la limite réglementaire fixée pour les travailleurs du nucléaire en France rappelle Yuki Takahata, militante au sein du réseau "Sortir du nucléaire". Elle dénonce les retours forcés des sinistrés : "Ceux qui avaient des logements gratuits jusqu’à maintenant ils n'y auront plus droit et leurs indemnisations vont être arrêtées dans un an. Donc ils sont vraiment incité à revenir dans leurs communes. C’est quand même dingue !" Dans les faits très peu d'habitants rentrent chez eux une fois l'ordre d'évacuation levé dans certains villages autour de la centrale, à part les personnes âgées, mais elles se retrouvent souvent isolées sans médecin ni commerces.

Shinzo Kimura est spécialiste en radioprotection l'université médicale de Dokkyo. Tout de suite après la catastrophe il a établi une cartographie indépendante des zones de radiations dans la préfecture de Fukushima et lui aussi dénonce cette politique du retour : "Je ne trouve pas ça normal car après l'accident de Tchernobyl il reste encore beaucoup de zones interdites, alors qu'au Japon, après Fukushima, le gouvernement préféré la reconstruction économique. Il veut que les gens reviennent, ce ne sont pas les gens qui comptent mais les Jeux olympiques et l'économie". Les anti-nucléaires accusent les autorités japonaises d'utiliser les Jeux Olympique de Tokyo 2020 pour faire croire au monde que la catastrophe de Fukushima est terminée.

Et les sangliers...

Ces mammifères ne feront surement pas échouer les projets du gouvernement, mais des test effectués sur ces animaux qui ont colonisé par milliers les zones désertées, montrent que les bêtes présentent des taux de césium-137 extrêmement élevés, presque 300 fois plus que les normes de sécurité préconisées.

Il y a six ans, la catastrophe de Fukushima
Il y a six ans, la catastrophe de Fukushima © Visactu
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