Une "boîte", dans le jargon du ski, c’est une chute, un gadin, une gamelle et à un moment ou à un autre, en Suisse ou en Autriche, tous les descendeurs ont pris une "boîte". Parfois une "bonne boîte", parfois une "grosse boîte". Revue de boîtes...

Le 18 décembre 2012, à Valgardena, en Italie, le Français David Poisson s’envole sur le saut du Camel. Une figure "artistique" qu’il paie d’une bonne entorse au genou droit. Sa hanche gauche et son pouce gauche sont également touchés mais le skieur de Peisey Vallandry s’en sort bien. Gilles Brenier, le patron de l’équipe de France masculine était le premier sur place ce jour après la chute et il avoue aujourd’hui qu’avec la violence de sa culbute, il avait eu très peur de trouver un pantin désarticulé. Trois ans après, les autres descendeurs de l’équipe de France lui parlent encore de cette figure digne de Shaun White, la fameuse "tomate volante" du Half Pipe. Mais cette belle "boite" ne l’a pas empêché de briller aux Championnats du monde 2013 où David Poisson a pris la médaille de bronze des Championnats du monde de Schladming.

Le 15 mars 2006, trois semaines après son titre olympique conquis à Turin, Antoine Dénériaz chute violemment à Are (Suède). "Tonio" heurte les filets, puis dévale la pente :

J'ai sous-estimé cette chute. Je l'ai revue. Tout aurait pu se terminer là.

Depuis lors rien n'a été comme avant et le skieur de Morillon s'est rendu compte qu'il n'y était plus. Antoine Deneriaz ne s’est jamais remis mentalement de cette chute et le 5 décembre 2007 il annonce sa retraite sportive à seulement 31 ans.

Lors des Jeux Olympiques de Nagano, en 1998, Hermann Meyer s'élance dans la descente. Dans un virage, il perd le contrôle et ses skis font "un soleil". Projeté sur plus de cent mètres, il s'écrase contre les barrières de sécurité... et s'en sort indemne ! Quelques jours plus tard, l’Autrichien décroche deux médailles d'or en Super G et en Slalom. Le surnom d’Hermann Mayer ? "Herminator"

Le 13 janvier 1995, à Kitzbühel, en Autriche, sur la fameuse Streif, l’italien Pietro Vitalini descend trop bas dans le devers et heurte des barrières en sapin avant de "rebondir" dans la neige. Par chance pour lui, il y avait de la neige ! Parce que deux années sur trois, à cet endroit là, à Kitzbühel, il n’y a que des pierres.

Le mercredi 22 janvier 2009, lors du deuxième entraînement de descente de Kitzbühel, sur la Streif (encore elle), le Suisse Daniel Albrecht chute lourdement sur le dos après le dernier saut. Il perd immédiatement connaissance. Soigné sur la piste, il souffre d’une hémorragie cérébrale et de contusions à un poumon. Daniel Albrecht se réveille à l’hôpital de Sankt Johann avant d’être plongé un mois dans un coma artificiel. Sa carrière s’est arrêtée ce jour-là à Kitzbühel, mais le Suisse a retrouvé l’intégralité de ses moyens physiques.

Le 17 février 2010, à Whistler, au Canada, à l’occasion des Jeux olympiques de Vancouver, la Suédoise Anja Pearson s’écrase au sol après un vol plané bien involontaire de plus de 60 mètres. L’impact est d’une incroyable violence, mais la blonde Suédoise est du genre balaise et le lendemain, le visage méchamment tuméfié, elle prend la troisième place du combiné. C’est donc avec un sourire abîmé qu’elle grimpe sur le podium olympique.

Le Norvégien Aksel Lund Svindal est l’un des skieurs les plus doués de l’histoire, mais le 27 novembre 2007, à Beaver Creek, sur la "Birds of Prey", la piste qui accueille la descente de ces Championnats du monde 2015, lors du premier entraînement, le géant venu du froid prend mal le saut du "Golden Eagle", la principale difficulté de la piste américaine. Résultat ? Le visage lacéré, une coupure de quinze centimètres derrière la cuisse gauche, une double fracture du nez et une fracture de la pommette. Aksel Lund Svindal ne courra plus de la saison, mais l’année suivante, pour son retour à la compétition, il s’impose à… Beaver Creek.

Le lundi 13 février 2006, aux Jeux olympiques de Turin, la française Carole Montillet s’arrache tout le verni du visage pendant l’entraînement de la descente. Après avoir perdu le contrôle à la réception d’un saut, elle termine inconsciente dans les filets. La face complètement tuméfiée, le kiné de l’équipe de France est obligé de lui mettre du scotch sur les paupière pour qu’elle puisse ouvrir les yeux entre ses plaies et ses bosses. Carole Montillet prend finalement la 28e place de la course avant de terminer 5e du Super G.

En 2011, pendant l’entraînement de la descente de Kitzbühel, sur la Streif (toujours elle !), l’Autrichien Hans Gruger chute à la sortie du premier saut, jusqte après la tristement célèbre "Mausefalle" (la souricière). Inerte pendant une demi heure sur la piste, Gruger est transporté à Innsbruck avec un trauma crânien et une blessure à la cage thoracique.

Le 2 janvier 1987, le canadien Todd Brooker tombe à Kitzbühel sur la Streif (encore et toujours elle). Victime d’une commotion cérébrale, le genou salement abîmé, le "crazy canuck" est obligé de mettre un terme à sa carrière. La boucle était bouclée puisque c’est sur la Streif que Broker avait remporté la première victoire de sa carrière en 1982.

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