Ils étaient une dizaine de milliers, hier à Portland, dans l'Oregon, à manifester en hommage à George Floyd. Avec, en point d'orgue, cette action rare, par sa forme et son ampleur, sur le Burnside Bridge : des manifestants allongés sur le ventre, mains dans le dos, comme Floyd lors de son arrestation à Minneapolis.

Fin d'après-midi sur le Burnside Bridge, à Portland. Des milliers de manifestants, repoussés se couchent se couchent sur le ventre, les mains dans le dos.
Fin d'après-midi sur le Burnside Bridge, à Portland. Des milliers de manifestants, repoussés se couchent se couchent sur le ventre, les mains dans le dos. © AFP / Tim Lawrence / AFPTV / CBS

Chaque jour dans Snapshot, la Rédaction internationale de Radio  France analyse une image forte autour de la mobilisation suite à la mort  de George Floyd aux États-Unis.

L'image

Fin d'après-midi sur le Burnside Bridge, à Portland. Un photographe freelance, Sam Gehrke, immortalise une scène rare : des milliers de manifestants, repoussés après une journée de manifestations sur ce pont qui dessert le centre-ville, se couchent sur le ventre, les mains dans le dos.

Des corps alignés, visage contre terre, dans un contre-jour qui les déshumanise un peu plus. Dans l'image, un seul point de fuite, qui donne un sentiment de masse : le soleil. Un signe d'espoir, aussi, ces cadavres en puissance pointant sur la lumière. 

Le message

Les manifestants sont unis à Portland dans une action que, en Amérique du Nord, on appelle "die-in", par analogie au "sit-in". Mourir sur place. Symboliquement, pendant neuf minutes – la victime est demeurée au sol avec le genou d'un policier sur la gorge pendant 8 minutes et 46 secondes – ils reproduisent les conditions de la mort de George Floyd, le 25 mai à Minneapolis.

Une manifestation silencieuse, pacifique, qui vient rappeler aux autorités politiques et judiciaires, à l'heure où les défenseurs de la police pointent les excès (surpoids, consommation de stupéfiants…), que la mort de l'Afro-Américain ne saurait être imputable à sa condition physique.

Ce que le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, a reconnu mercredi, accusant désormais Derek Chauvin de meurtre au deuxième degré – un homicide volontaire non prémédité –, et inculpant les trois collègues qui l'accompagnaient.

Derrière l'image

À Portland, ce mardi après-midi, les manifestants avaient peut-être déjà en tête une macabre mise en scène. Celle de deux jeunes, moquant l'arrestation de George Floyd devant l'appareil photo, dans ce qui était qualifié en légende de "george floyd challenge". Ce défi, qui aurait été lancé sur l'application TikTok, a même fait l'objet d'une pétition appelant à son retrait sur change.org.

Mais en y regardant de plus près, jamais ce "challenge", unanimement dénoncé, n'a eu d'existence réelle, rapporte le Daily Beast Les mêmes images ont été partagées a nauseam, sans que le hashtag associé ne prospère vraiment (avant le 1er juin, #GeorgeFloydChallenge renvoie le plus souvent à un appel à bonnes volontés) : pas plus sur Instagram – une dizaine de mentions – que sur Facebook ou Twitter.

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