Les États-Unis commémorent le 155e anniversaire de l'abolition de l'esclavage, le 19 juin 1865. Ce jour férié résonne tout particulièrement cette année, par des semaines de manifestations contre le racisme. Et la colère ne faiblit pas alors que le pays plonge dans les pages sombres de son histoire.

Famille noire-américaine célébrant Juneteenth, en 1900. Capture d'écran, Smithonian NMAAHC
Famille noire-américaine célébrant Juneteenth, en 1900. Capture d'écran, Smithonian NMAAHC © Capture d'écran, Smithonian NMAAHC

1. L'image

Ils sont six. Quatre hommes et deux femmes, qui regardent l’objectif, yeux rivés  sur la chambre noire. Redingotes et chapeaux pour les hommes, robes longues pour les femmes. Habillés comme au sortir de la messe, avec, derrière les carrioles et les chevaux qui marquent l’époque. À gauche, une femme, vêtue de blanc relève fièrement le menton. Elle tient à la main un éventail, accessoire indissociable de de l’élégance sudiste. 

La photo est datée du 19 juin 1900 et cette famille de noirs-américains à Austin, au Texas commémoret l’Emancipation Day, que les américains célèbrent aujourd’hui sous le vocable Juneteenth contraction de juin et de 19 en anglais – ce jour de 1865 où les esclaves de Galveston au Texas ont appris qu'ils étaient désormais libres.

Le National Museum of African American History and Culture a choisi de la mettre en avant pour marquer ce jour anniversaire. 

2. Le message

Violences policières, racisme au quotidien, passé ségrégationniste : les États-Unis commémorent l'abolition de l'esclavage en pleine période de tensions et de prise de conscience des discriminations persistantes subies par la communauté noire.  

Les rassemblements des dernières semaines, après la mort de George Floyd ont poussé les Américains à se replonger dans l'histoire d'un pays qui s'est déchiré sur la question de l'esclavage, un système qui a assuré son essor économique.

Le Washington Post consacre pour l’occasion un très grand dossier pour comprendre les racines de l’injustice et des inégalités envers les noirs. 

Les appels se sont multipliés pour le déboulonnage de monuments à la gloire de généraux et responsables confédérés lors de la Guerre de sécession (1861-1865), qui pullulent dans le sud du pays, et certains ont été détruits. A travers le monde, les marques de soutien au mouvement antiraciste se multiplient. 

3. Derrière l'image

Provocation ou bêtise ? Donald Trump avait initialement programmé le jour même du Juneteenth un grand meeting de campagne à Tulsa, dans l'Oklahoma, pour sa réélection en novembre. 

Un choix qui a soulevé un tollé : la ville reste hantée par le souvenir d'une des pires émeutes raciales de l'histoire, où jusqu'à 300 Afro-Américains ont été massacrés par une foule blanche, en 1921.

Devant la colère, Donald Trump a fini par reporter son meeting au 20 juin. 

Mais la ville a décrété un couvre-feu par crainte de débordements. 

Le maire a souligné dans son décret avoir reçu des informations "montrant que des individus appartenant à des groupes organisés ayant été impliqués dans une attitude violente et destructive dans d'autres États prévoyaient de venir à Tulsa pour causer des troubles dans et autour du meeting".

Donald Trump a de son côté mis en garde les manifestants dans un tweet menaçant. 

"Tous les manifestants, anarchistes, agitateurs, pillards ou voyous qui allez venir dans l'Oklahoma, comprenez bien s'il vous plaît, vous ne serez pas traités comme vous l'avez été à New York, Seattle ou Minneapolis. Ce sera une scène bien différente!"

Plus de 100 000 personnes sont attendues entre vendredi et samedi à Tulsa.

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