Edward Snowden a participé vendredi à une réunion aux côté de membres de Wikileaks et de Human rights Watch. Il dit avoir demandé l'asile politique à la Russie et espère pouvoir rejoindre l'Amérique du Sud.

Je soumettrai ma demande dans la journée et j'espère qu'elle sera acceptée favorablement.

Le gouvernement américain a fait savoir que le président Barack Obama s'était entretenu par téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine mais n'a donné aucune précision sur la conversation. Le département d'Etat s'est dit déçu que la Russie ait facilité cette rencontre entre Snowden et les organisations de défense des droits de l'homme. Le Kremlin n'a pas confirmé avoir reçu une demande formelle d'asile et il a répété qu'Edward Snowden devrait s'abstenir de critiques contre Washington s'il souhaitait rester en Russie.

Les précisions à Moscou de Marc Crépin :

Le Kremlin était déterminé à régler la crise.

Les défenseurs des droits de l'homme qui l'ont vu à l'aéroport de Moscou-Cheremetievo, où il est bloqué depuis le 23 juin dans la zone de transit, ont déclaré qu'Edward Snowden comptait bien se rendre à terme en Amérique latine , même s'ils n'ont pas précisé ni quand ni comment. Selon Tania Lokchina, membre de Human Rights Watch, l'une des organisations invitées à la réunion :

Il veut aller en Amérique latine - il l'a dit très clairement. Mais la seule manière pour lui de garantir sa sécurité en Russie est de déposer une demande formelle d'asile.

Lors de la même réunion, Edward Snowden s'est exprimé :

Il y a un peu plus d'un mois, j'avais une famille, une maison au paradis. J'avais aussi la capacité, sans aucun mandat, de rechercher, de saisir et de lire vos communications. Les communications de quiconque, à n'importe quel moment.

Edward Snowden a donné plus de précisions sur ses intentions dans une lettre adressée à Human Rights Watch :

Ces dernières semaines, nous avons assisté à une campagne illégale de la part de responsables du gouvernement des Etats-Unis, afin de nier mon droit à rechercher et bénéficier du droit d'asile au bénéfice de l'article 14 de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Edward Snowden fait allusion à une escale forcée à Vienne de l'avion du président bolivien, Evo Morales. L'appareil a dû se poser dans la capitale autrichienne lorsque la France et le Portugal lui ont interdit d'emprunter leur espace aérien après des rumeurs selon lesquelles l'informaticien se trouvait à bord :

L'ampleur des menaces est sans précédent. Jamais dans l'Histoire, les Etats n'ont comploté pour forcer à atterrir l'avion d'un président souverain pour rechercher un réfugié politique. Cette dangereuse escalade représente non seulement une menace envers la dignité de l'Amérique latine ou ma propre sécurité, mais aussi pour le droit de chacun à échapper à toute persécution.

L'affaire Snowden
L'affaire Snowden © Radio France
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