Barack Obama annonce la normalisation des relations avec Cuba
Barack Obama annonce la normalisation des relations avec Cuba © Radio France

Les chefs d'État latino-américains (35 au total) se rassemblent pour la septième fois au Panama, et Cuba y participe pour la première fois. Les relations de l'île avec les États-Unis se réchauffent petit à petit ces derniers mois, ce qui la met dans une position complexe.

Certes, tout n'est pas encore au beau fixe entre les deux ennemis traditionnels, symboles des tensions entre mes deux Amériques. La Havane a ainsi récemment apporté son soutien au Venezuela, classé comme une menace à la sécurité nationale des États-Unis. Mais globalement, les rapports s'améliorent et Cuba devrait prochainement sortir de la liste des pays soutenant le terrorisme.

Pendant ce sommet, Obama et Castro seront donc au centre de l'attention, Frédéric Carbonne

Une nouvelle amitié qui pourrait mettre Raul Castro en mauvaise posture face à son homologue Nicola Maduro. Lors de ce sommet, le dirigeant cubain s'entretiendra avec lui mais aussi avec Barack Obama dans le cadre de leur rapprochement initié en septembre.

Affronter les États-Unis, diversion favorite des dirigeants du sud

Pour Ted Piccone, ancien conseiller diplomatique de Bill Clinton, Raul Castro devrait donc ménager la chèvre et le chou : "Cuba se trouve dans une situation difficile. Elle doit soutenir le Venezuela mais en même temps elle souhaite se focaliser sur le rapprochement avec les États-Unis".

Comme souvent, c'est justement l'attitude envers les États-Unis qui déterminera l'ambiance de ce sommet. Pour Eric Farnsworth, vice-président du forum privé Conseil des Amériques, attaquer Washington reste une excellente diversion pour des dirigeants parfois en difficulté dans leurs pays respectifs.

Le meilleur moyen de détourner l'attention des questions politiques intérieures, c'est d'affronter les États-Unis . C'est ce que beaucoup de chefs d'Etat font généralement, et considérant qu'ils se trouvent actuellement dans des situations délicates à l'intérieur, l'occasion est parfaite pour s'emparer de la question du Venezuela, même s'ils n'y croient pas totalement.

Les alliés du Venezuela, comme l'Equateur, la Bolivie ou le Nicaragua, devraient lui emboiter le pas en plein conflit acvec Washington, qui a décidé de nouvelles sanctions contre Caracas.

D'autres, comme la Brésilienne Dilma Roussef ou le Mexican Enrique Peña Nieto, pourraient se faire plus discrets, pour éviter d'attirer l'attention en pleine crise intérieure (scandale de corruption pour la première, massacre d'étudiants pour le second).

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