tensions entre berlin et washington sur fond de surveillance présumée du portable d’angela merkel
tensions entre berlin et washington sur fond de surveillance présumée du portable d’angela merkel © reuters

Le nouveau sommet, qui s'est ouvert dans l'après-midi à Bruxelles, va beaucoup parler des révélations sur l'espionnage de citoyens et même de dirigeants européens. "S'espionner entre amis n'est pas acceptable", a lancé Angela Merkel dès son arrivée.

Les accusations d'espionnage les services américains se sont donc invitées au somment européen entre les Vingt-Huit. Quelques jours après les révélations, les dirigeants comptent bien réclamer des explications, a minima, de la part des États-Unis.

Angela Merkel, en particulier, n'est pas du tout amusée par l'affaire. Son portable aurait été mis sur écoute, selon le gouvernement allemand, ce qui a poussé Berlin à réagir vivement, après avoir gardé une certaine prudence au départ. "S'espionner entre amis n'est pas du tout acceptable", a déclaré la chancelière à son arrivée au Conseil européen de Bruxelles. "Ce n'est pas simplement pour moi, c'est pour tous les citoyens allemands."

La chancelière a rencontré François Hollande peu avant le début du sommet. Que se sont-ils dit ? Réponse avec Cyril Graziani.

Barack Obama avait auparavant tenté de se défendre en assurant à Angela Merkel que les services de renseignement américains ne surveillaient pas et ne surveilleraient pas ses communications.

"Nous savons ce que signifie le totalitarisme"

Plusieurs responsables européens se sont relayés pour dénoncer les pratiques présumées de la National Security Agency (NSA), suspectée de s'être livrée à des extractions massives de données personnelles en Europe. Certains font même référence à la Stasi : "Il y avait une partie de l'Allemagne où il y avait une police politique qui espionnait la vie des gens tous les jours, donc nous savons ce que signifie le totalitarisme", a lancé José Manuel Barroso.

"Trop c'est trop", a déclaré de son côté le commissaire européen au Marché intérieur Michel Barnier. "Ce qui est ébranlé, c'est la confiance entre Européens et Américains, or nous avons besoin de cette confiance, notamment au moment où nous négocions un grand accord commercial transatlantique."

Car ce sera l'un des grands sujets de ce sommet... Tout comme l'accord sur la protection des données personnelles avec les Etats-Unis. Un engagement pourrait être pris pour un accord au 2014 sur le sujet. La procédure semble désormais acquise, plus qu'il y a quelques jours, quand personne n'avait entendu parler de cette nouvelle affaire d'espionnage.

Tant mieux pour le président français, qui défend depuis le début la nécessité d'un accord sur le sujet.

En attendant, les députés européens ont eux demandé hier la suspension de l'accord sur la transmission de données financières de l'UE vers les Etats-Unis (dit accord Swift).

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