Accusé de trafic de drogues, il a passé 14 années derrière les barreaux. Désormais libre, il devrait quitter l'Indonésie ce samedi et embarquer dans le vol retour pour refaire sa vie en France. Mais Michaël Blanc n'est pas le seul Français à croupir dans les prisons de l'archipel.

Michaël Blanc va rentrer en France. Sa mère, elle, va rester en Indonésie pour aider d'autres détenus.
Michaël Blanc va rentrer en France. Sa mère, elle, va rester en Indonésie pour aider d'autres détenus. © AFP / Romeo Gacad

C'est un véritable parcours du combattant qui s'achève pour Michaël Blanc. "Plus que quelques jours avant le grand jour", se réjouit sa mère, Hélène Le Touzey, 67 ans. Pendant 14 ans, elle s'est battue pour la libération de son fils, jusqu'à laisser derrière elle famille et amis, maison et boulot.

À la veille de son départ, puisque le Français est désormais libre, ce samedi, de quitter l'Indonésie, la mère de Michel Blanc raconte sa dernière journée à Jakarta, aux côtés de son fils. 

En fait nous avons été tous les deux dans plusieurs administrations et certains documents manquaient ou n’étaient pas exactement comme ils auraient dû être et donc on a un peu fait des allers et retours entre plusieurs administrations et plusieurs fois. La journée a été très longue et un peu difficile quand même...

"Il a déjà fait sa valise, tout est prêt"

Alfredo Descalzi est enthousiaste. L'oncle par alliance de Michaël Blanc est aussi secrétaire de son comité de soutien. Pour lui, pas de doute, son neveu ne pense qu'à une chose : son retour en France. Au cours de ses années de détention, "il s'est pris de goût pour l'informatique". C'est même lui qui se chargeait de réaliser les affiches pour la prison. Puis, pendant son année de liberté conditionnelle, il a pris des cours de graphisme. Une passion qu'il entend poursuivre une fois rentré.

Alfredo Descalzi en a conscience, Michaël Blanc risque d'être "un peu dépaysé au début". La France qu'il a quittée était celle de 1997, "il aura beaucoup à assimiler". D'autant qu'il lui faudra trouver un emploi. Pas de quoi entamer son envie de revenir. "Il a déjà fait sa valise, tout est prêt", mais il faudra encore attendre un peu, car pour l'instant, "il va de bureau en bureau". Mais si l'oncle reste "dans l'expectative d'une expulsion vers la fin du mois", l'approche de la date de sa libération "sur le papier" est un "aboutissement" après des années de combat.

Pas de quartier pour les présumés trafiquants

Pour Michaël Blanc, tout bascule en 1999. À l'époque, le Haut-Savoyard n'a que 26 ans. Il a quitté Bonneville et son job de cuisinier, pour se rendre à plus de 14 000 kilomètres de là, à Jakarta. Le 27 décembre, tout bascule à l’aéroport de Denpasar, sur l'île de Bali. Michaël Blanc est arrêté avec deux bouteilles de plongée remplies de 3,8 kilos de haschich.

Le jeune homme se défend : les bouteilles lui auraient été confiées par un ami, sans que celui-ci ne l'informe de leur contenu. Peine perdue, il est condamné à la prison à perpétuité et ne bénéficiera d'une remise de peine que huit années plus tard. En 2014, il obtient sa liberté conditionnelle et ça n'est que trois ans plus tard qu'il finit de purger sa peine. Enfin libre ? Pas tout à fait. La loi indonésienne lui impose une période de probation d’un an qui arrivera à son terme le 21 juillet prochain.

Pour un tel délit en Indonésie, Michaël Blanc risquait la peine de mort. Certains n'ont pas échappé à la sentence mortelle. Le pays a déjà exécuté par balles plusieurs ressortissants nigérians, brésiliens, néerlandais... Tous condamnés pour trafic de drogues. C'est la méthode "choc" et sans pitié du président Joko Widodo, qui poursuit la politique de son prédécesseur contre ce fléau, et ce, en dépit de l'indignation et des réactions diplomatiques.

Les ressortissants Français seuls face à la justice

Même si le gouvernement fait part de son opposition à la peine de mort, pour les ressortissants français, impossible de se soustraire à la législation locale pour s'en remettre à leur État. Seuls les agents consulaires peuvent agir, mais uniquement en apportant un soutien aux détenus et à leurs familles. D'où l'engagement de Hélène Le Touzey. Devenue attachée consulaire, elle se bat désormais pour la défense des ressortissants français incarcérés en Indonésie, et elle compte rester sur place pour aller au bout de son mandat.

En 2015, la demande de révision du procès de Serge Atlaoui a été rejetée par la Cour suprême indonésienne.
En 2015, la demande de révision du procès de Serge Atlaoui a été rejetée par la Cour suprême indonésienne. © Maxppp / Bagus Indahono

Sabine Atlaoui lutte, elle aussi, depuis 13 ans, pour tenter de sauver son mari. Pour aider Serge Atlaoui à avancer dans ses démarches, elle a créé une association. Le Mosellan, lui, patiente toujours dans le couloir de la mort, sans être encore fixé sur son sort. L'homme de 54 ans a été arrêté, en 2005, dans un laboratoire clandestin de fabrication d'ecstasy. L'homme clame son innocence. Il assure qu'il pensait travailler dans une simple usine d'acrylique, où il était chargé de l'entretien des machines.

Si Serge Atlaoui est exécuté par la justice, il serait le premier Français à subir la sentence capitale en 41 ans. Tous ses espoirs reposent désormais sur une éventuelle grâce présidentielle. Selon "Ensemble contre la peine de mort", il y a actuellement cinq Français condamnés à mort dans le monde.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.