Après quelques mois d’une paix très fragile, les combats ont repris avec violence ce week-end entre factions rivales du plus jeune Etat du monde.

Des policiers et soldats sud-soudanais montent la garde à Juba
Des policiers et soldats sud-soudanais montent la garde à Juba © Reuters / Stringer .

Le 5 juillet 2011, les habitants du Soudan du Sud brandissaient les drapeaux tout neufs de leur nouvel Etat. Après des années de lutte, le pays accédait à l’indépendance. Cinq ans plus tard, le constat est bien amer. Malgré un processus de paix engagé depuis l’été dernier, et le partage du pouvoir entre les deux ennemis de toujours, le président Salva Kiir et son vice-président Riek Machar, les combats ont finalement repris intensément ce week-end.

Chars et tirs à l’arme lourde

Ce lundi matin, les habitants de Juba, capitale du Soudan du Sud, se sont réveillés au bruit des tirs d’armes automatiques. Dans la matinée, des témoins cités par l’AFP faisaient état de "combats très, très lourds" et de fortes explosions, aux abords de l’aéroport, dans le quartier de Tomping, et près de la base principale de l’ONU à Juba.

Jeudi soir, cinq soldats de l’armée loyale ont été tués dans un accrochage, mais les autorités avaient voulu calmer la situation en le qualifiant "d’incident isolé". Quelques heures plus tard, des tirs résonnaient près du palais présidentiel, puis dans d’autres quartiers de la capitale, dénoncés d’une voix commune par Salva Kiir et Riek Machar. Depuis ce dimanche, les affrontements sont nombreux. Ils ont fait près de 300 morts, dont au moins 33 civils.

Les précisions de notre correspondante, Patricia Huon.

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Les précisions de notre correspondante Patricia Huon

Par Patricia Huon

L’ONU appelle au calme

Le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est réuni à huis-clos ce dimanche après-midi. Dans une déclaration commune, les 15 pays membres ont exigé des deux parties au pouvoir qu’elles fassent "le maximum pour contrôler leurs forces respectives et mettre fin d’urgence aux combats". L’ONU demande aussi aux pays de la région de fournir des Casques bleus supplémentaires pour aider sa mission dans le pays. Lors de cette réunion, la question de l’embargo sur les armes à destination du Soudan du Sud, prôné par les occidentaux mais pour lequel les Russes sont plus frileux, n’a pas été évoqué.

La paix sur un fil

Avant même que les combats ne reprennent intensément ces derniers jours, à l'occasion du 5ème anniversaire de l'indépendance du Soudan du Sud, l'ONG International Crisis Group (ICG) brossait un portrait inquiétant de l'état du pays, marqué par deux ans d'une guerre civile qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et deux millions de déplacés. Outre la persistance des affrontements armés, le pays face face à une situation économique catastrophique. L'inflation grimpe à 300% et la devise, la livre sud-soudanaise, a perdu 90% de sa valeur cette année. Faute d'argent, aucune festivités n'étaient prévues cette année pour l'anniversaire de l'indépendance, un fait anecdotique mais très symbolique. Aujourd'hui, cinq millions de Sud-Soudanais dépendent de l'aide alimentaire d'urgence.

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