Disposicion final est le titre du livre d'entretien qui vient d'être publié en Argentine.

Ceferino Reato s'est rendu à plusieurs reprises à la prison militaire de Campo de Mayo où est incarcéré le général Jorge Rafael Videla condamné à la prison à vie pour crimes contre l'humanité.

Le Général Videla a pris le pouvoir en Argentine en 1976 et conduit la dictature pendant 5 ans. Au fil des pages, il relate l'horreur avec simplicité et avoue bien dormir la nuit. A l'issue des entretiens, le journaliste auteur déclare avoir rencontré le diable . Un argument marketting comme un autre.

Etrangement la presse argentine est indulgente avec ce texte. "Un éclairage sur la genère du coup d'Etat du 24 mars 1976 " . Videla qui n'a plus rien à perdre avoue ce qu'il niait pendant son procès.

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Le Général Videla et Daniele Passarella
Le Général Videla et Daniele Passarella © Radio France

Pendant la coupe du monde de 1978, les opposants étaient torturés et abattus . Les rafles se multipliaient pendant que l’Argentine entière vibrait dans les stades.

Les associations pouvaient toujours hurler, personne ne les entendait.

Et les Argentins chavirent de bonheur quand le général Videla remet lui-même la coupe du monde au pistolero , le surnom du capitaine de l’équipe Daniel Passarella.

Magnifique compétition durant laquelle Vidella en a profité pour éliminer des opposants irrécupérables . Irrécupérables dans son jargon signifie militant de gauche, syndicaliste ou n’importe quel dirigeant s’opposant au régime.

Videla fait part de son dilemme. "Ces personnes devaient mourir pour que nous puissions gagner la guerre contre la subversion communiste. Nous ne pouvions ni les fusiller, ni les traduire en justice. Soucieux de notre image aux yeux de la communauté internationale, nous avons mis en place la disposition finale."

Deux mots militaires qui signifient mettre une chose hors service parce qu’elle est inutilisable . La plus grande pratique, enlèvements en voiture, transferts en hélico au dessus des eaux au large et balancer le corps à la mer… tous les moyens pour faire disparaître ce qu’ils appellent les gêneurs sont détaillés…

S’il déplore un recours excessif à la violence Videla ne regrette rien , pas même les rapts d’enfants dans les villages d’opposants « on les donnait aux familles qui ne pouvaient en avoir se justifie-t-il, ça partait d’un bon sentiment.

Avec les dictateurs le refrain est toujours le même : les méchants ce sont les autre, des rebelles sanguinaires alors que la junte ne pense elle qu'au bien de son peuple.

On ne sait pas si ce livre publié en Argentine sera traduit en Français.

Autre inconnue, qui sera le bénéficiaire des droits d'auteur ?

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