Démarche inédite entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Pour la 1ère fois, les 2 pays ont présenté une candidature unique pour que soit inscrite sur la liste mondiale du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, une tradition commune aux deux Corées : le "Ssirum", la lutte traditionnelle coréenne.

 La directrice de l'UNESCO Audrey Azoulay entourée de M.Lee Byong Hyun représentant permanent de la Corée du Sud auprès de l'UNESCO et M.Jang Myong Ho directeur patrimoine immatériel de l’autorité nationale du patrimoine culturel de Corée du Nord
La directrice de l'UNESCO Audrey Azoulay entourée de M.Lee Byong Hyun représentant permanent de la Corée du Sud auprès de l'UNESCO et M.Jang Myong Ho directeur patrimoine immatériel de l’autorité nationale du patrimoine culturel de Corée du Nord © UNESCO

Réuni à l’île Maurice, le comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine de l'Unesco a reconnu lundi le caractère universel de la lutte traditionnelle coréenne : le "ssirum" ou "ssiréum" qui a été classé patrimoine immatériel.

Une discipline âgée de plus de 2200 ans qui consiste en un face à face entre deux lutteurs dans une aire de combat circulaire dont il faut éjecter son adversaire. Encore pratiquée dans toute la péninsule coréenne, lors de fêtes liées au rythme des saisons, des compétitions internationales se tiennent régulièrement et font souvent l'objet de retransmission télévisée. 

Représentation du Ssireum retrouvée dans l'ensemble des tombes de Koguryo
Représentation du Ssireum retrouvée dans l'ensemble des tombes de Koguryo © Radio France

Jusqu'à présent, malgré des liens profonds entre les deux pays, une histoire commune, une langue commune (avec certes des variantes), les deux Corées partageaient un patrimoine mais menaient chacune des démarches séparées.

L'Unesco a convaincu les deux Corées d'une candidature commune

L’Unesco qui a senti qu'un vent d'ouverture soufflait entre les deux pays, a enclenché une diplomatie de navette entre les deux Corées pour les convaincre de fusionner leurs candidatures. Grâce à un contexte prometteur, concrétisé par des sommets spectaculaires entre les deux chefs d'état coréens, Séoul et Pyongyang ont été convaincus par l'agence de l'ONU chargé de la culture et sa directrice générale Audrey Azoulay. En très peu de temps et quelques déplacements, les deux pays ont donc franchi un pas symbolique mais concret.

LE SSireum coréen au Patrimoine Immatériel de l'humanité
LE SSireum coréen au Patrimoine Immatériel de l'humanité / UNESCO

"C'est la 1ère fois qu'il y a une tradition commune aux deux Corées qui est reconnue pour son caractère universel", explique Aydrey Azoulay, jointe à l’Île Maurice. Le Nord et le Sud, séparés depuis 1945 ont accepté de présenter une demande conjointe et donc ce sport pratiqué dans toute la péninsule est devenu un "pas sur le chemin de la réconciliation inter coréenne", se réjouit Ayudrey Azoulay qui ajoute que d'autres projets sont en cours, comme par exemple la rédaction d'un dictionnaire étymologique coréen ou encore des projets concernant l'environnement, la gestion des eaux ou de la biodiversité. 

"Certes la situation politique est encore très tendue, reconnait la directrice générale de l'Unesco, il y a encore des sanctions contre la Corée du Nord, mais elles ne concernent pas les sujets dont s'occupe l'Unesco : la culture, le patrimoine... On peut donc avancer de manière efficace et rappeler le pouvoir extraordinaire du patrimoine culturel comme vecteur de paix et trait d'union entre les peuples !"

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