La Bavière, un des seize Länder allemands, a négocié un "contrat préliminaire" avec la Russie pour la livraison de 2,5 millions de doses de vaccin. Le Spoutnik V est d'ores et déjà autorisé dans une soixantaine de pays.

Une travailleuse médicale tient un flacon de vaccin russe contre le coronavirus Spoutnik V dans une clinique d'Alger, le 31 janvier 2021.
Une travailleuse médicale tient un flacon de vaccin russe contre le coronavirus Spoutnik V dans une clinique d'Alger, le 31 janvier 2021. © Maxppp / Billel Bensalem

La Bavière a annoncé ce mercredi 7 avril avoir négocié un "contrat préliminaire" en vue de recevoir prochainement 2,5 millions de doses du vaccin russe Spoutnik V contre le Covid-19. "Si Spoutnik est approuvé en Europe, alors l'État de Bavière recevra des doses de vaccin supplémentaires", a annoncé mercredi le dirigeant régional allemand Markus Söder.

Le plus grand Land allemand est le premier à faire part d'une telle commande alors que la campagne de vaccination patine dans le pays. Le gouvernement allemand avait jusqu'ici affirmé vouloir attendre que l'Agence européenne du médicament se prononce avant d'entrer dans des discussions d'achat, mais Berlin est apparu comme l'un des principaux avocats de ce vaccin russe en Europe.

La Hongrie vaccine, trois autres membres de l'UE négocient

D'autres pays occidentaux, notamment la France, accusent Moscou d'utiliser son vaccin comme un outil d'influence géopolitique. Des accusations que la Russie rejette.  

Mais comme la Bavière, face à la lenteur de la vaccination au sein de l'Union européenne, la Hongrie, l'Autriche, la République Tchèque et la Slovaquie ont décidé de recourir au vaccin russe sans attendre sa validation par l'autorité européenne du médicament qui ne pourra pas intervenir "avant la fin du mois de juin", selon le secrétaire d’État français aux Affaires européennes.

La Hongrie est actuellement le seul membre de l'UE à administrer ce vaccin.

Ce mercredi 7 avril, le chancelier autrichien Sebastian Kurz a déclaré que l'Autriche allait "probablement" commander un million de doses dès "la semaine prochaine".

En Slovaquie, ces mêmes commandes auprès de la Russie ont conduit à la démission du Premier ministre Igor Matovic, critiqué jusqu'au sein de son gouvernement.

Au moins 57 pays autorisent le vaccin russe

Selon le Fonds souverain russe, le Spoutnik V était autorisé dans 57 pays le 30 mars dernier, couvrant ainsi 1,5 milliard de personnes. Ce 7 avril, l'Algérie a annoncé qu'elle produira, à partir de septembre sur son territoire, des doses du vaccin russe et qu'elle a déjà commencé à l'administrer. Après avoir reçu 80 000 doses ces dernières semaines, le plus grand pays du Maghreb doit en recevoir 920 000 supplémentaires avant la fin du mois d'avril.

Dans certains pays africains, la livraison du Spoutnik V n'arrange pas une campagne de vaccination chaotique. Au Kenya par exemple, qui a connu une augmentation hebdomadaire moyenne de 53% des cas au cours du dernier mois, certains centres de vaccination sont à court de doses. De nombreuses personnes n'appartenant pas aux catégories prioritaires reçoivent le vaccin. Le Spoutnik V est d'ailleurs vendu dans des cliniques privées pour environ 70 dollars (59 euros) pour deux doses.

Le vaccin russe est également administré en Argentine, où le président a malgré tout contracté le virus, au Venezuela, au Kazakhstan, au Kirghizstan, en Libye, en Serbie, évidemment en Russie, mais pas encore en Chine. Le 5 avril, la firme pharmaceutique chinoise Shenzhen Yuanxing Gene-tech annonçait tout de même qu'elle allait bientôt produire 60 millions de doses du Spoutnik V.

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