La fille de Steve Jobs, Lisa Brennan-Jobs, sort de l'ombre pour la première fois. A 40 ans, elle fait la une de plusieurs médias américains car elle publie le 4 septembre prochain un livre sur son père. Où l'on découvre un homme dur, à qui sa fille a finalement tout pardonné.

Steve Jobs était-il un salaud ?
Steve Jobs était-il un salaud ? © Maxppp / ARNO BURGI/EPA

Steve Jobs a refusé de reconnaître Lisa, même après qu'un test ADN ait prouvé sa paternité, à 94,4 %.

Steve Jobs a un jour dit à sa fille que l'ordinateur Lisa (avant le Macintosh) ne portait pas son nom pour lui rendre hommage. 

Il a un jour refusé d'installer le chauffage dans la chambre de sa fille. 

Et lorsque Lisa demandera à son père, multimilliardaire : 

Pourras tu me donner ta voiture quand tu voudras en changer ? 

Il lui répondra…

Absolument pas ! Tu n'auras rien du tout ! Jamais !

Alors qu'elle a trois ans, et qu'elle ne voit son père qu'une fois par mois pour quelques heures, il lui demande :

Sais-tu qui je suis ? 

Non !

Je suis l'homme le plus important que tu aies jamais rencontré

Un "bon" père à sa manière

Pourtant, Lisa Brennan-Jobs affirme qu'elle n'en veut pas à son père. Au contraire. Elle dit même lui être reconnaissante de lui avoir enseigné des valeurs, de l'avoir empêchée de se reposer sur ses acquis et de lui avoir montré ce qu'était l'honnêteté.

Dans sa biographie Small Fry (que l'on pourrait traduire par "merdeuse") et dans les interviews qu'elle accorde depuis plusieurs jours aux Etats-Unis, notamment dans le New York Times, Lisa Brennan-Jobs tente de prouver que Jobs était finalement un bon père à sa manière et qu'elle lui est reconnaissante. Le pari semble raté, puisque ce qui ressort surtout, c'est que Steve Jobs était un père dur, méprisant, voire cruel.

Un père radin, égocentrique, absent puis maniaque du contrôle

Lisa a vécu grâce à l'aide sociale pendant son enfance, aux cotés de sa mère, artiste, qui avait rencontré Steve Jobs au lycée. A en croire Lisa, Steve Jobs s'est montré imprévisible, avare envers sa fille, même après être devenu milliardaire.  

Parfois, il décidait de ne pas payer au dernier moment. Il sortait du restaurant sans payer la note.

Et quand sa mère trouve une maison pour elle et sa fille, et demande à Jobs s'il peut leur offrir, il l'aurait finalement achetée pour lui et sa femme Laurene Powell Jobs.

Avec le temps, Jobs a quand même montré de plus en plus d'intérêt. A tel point qu'il deviendra à l'adolescence de Lisa un père qui veut contrôler la vie de sa fille. Lisa s'installe chez lui, avec sa nouvelle femme et leurs trois enfants. Et Jobs lui interdit de voir sa propre mère pendant six mois. Il lui reproche aussi d'avoir trop d'activités extrascolaires, ce qui l'empêche de faire partie intégrante de la famille.

Pour la famille, un livre peu conforme à la réalité 

Le lecteur ne retiendra surement de cet ouvrage que la froideur et la cruauté de l'homme. Pourtant, Jobs a parfois fait du roller avec sa fille, ils ont passé des moments joyeux. Vanity Fair a même publié ce mois-ci les bonnes feuilles du livre et des photos de Jobs tenant amoureusement Lisa, bébé, dans ses bras. Mais la famille Jobs n'a pas bien accueilli l'ouvrage. La veuve de Steve Jobs, Laurene Powell Jobs déclare dans un communiqué : 

Nous avons lu ce livre avec tristesse. Il n'est pas conforme aux souvenirs que nous avons de cette période. Le portrait de Steve n'est pas celui du mari et du père que nous avons connu. 

Laurene Powell n'est pas la mère de Lisa. Mais elle affirme que Lisa faisait partie de la famille :

C'était très réconfortant pour Steve de savoir que Lisa était avec nous à la maison durant les derniers jours de sa vie.

Un soir, à la fin de sa vie, Steve Jobs regarde la télé et demande à sa fille : 

Vas-tu écrire un livre sur moi ? 

Non !

Bien ! 

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