Quatre nuits de caillassages, d'incendies et de dégradations à Stockholm et dans sa banlieue
Quatre nuits de caillassages, d'incendies et de dégradations à Stockholm et dans sa banlieue © REUTERS/Fredrik Sandberg
Stockholm et dans sa banlieue viennent de vivre quatre nuits de caillassages, d'incendies et de dégradations. Des violences déclenchées dimanche soir après la mort d'un habitant de Husby, un quartier défavorisé de la capitale, abattu par la police qui a plaidé la légitime défense. Les demandes d'enquête sur cette affaire sont restées lettre morte. Les incidents se sont peu à peu étendus à une quinzaine de quartiers. Les violences ont fait peu de blessés mais les incendies volontaires, visant les voitures et les bâtiments, se sont multipliés. Les pompiers ont compté 90 départs de feu. Ces violences ont provoqué un débat en Suède sur l'intégration des immigrés, qui représentent environ 15% de la population, se concentrent dans les quartiers pauvres des grandes villes du pays et connaissent un taux de chômage plus important que le reste de la population. Selon des responsables associatifs locaux, les auteurs des troubles reprochent aux forces de l'ordre leur racisme. Ces derniers accusaient des policiers d'avoir lancé des insultes comme "clochards", "singes" ou "sales nègres". Les chercheurs en sciences sociales soulignaient que la colère avait des racines profondes. Husby, dans le nord-ouest de la capitale, n'a en apparence rien d'une banlieue défavorisée - jardins publics proprets, spacieuses aires de jeux, immeubles de quelques étages qui n'ont rien à voir avec les tours des cités sans âme de la périphérie de nombreuses grandes villes européennes. Mais quand on rencontre les gens qui vivent ici, le malaise est palpable. Chômage, harcèlement policier, racisme, exclusion sont les thèmes qui reviennent dans les conversations. La police a appelé les éventuelles victimes à porter plainte, et cherchait à minimiser la gravité des violences. "Tout blessé est une tragédie, toute voiture brûlée est un échec de la société (...) mais Stockholm n'est pas en train de brûler", a souligné un responsable de la police de la capitale, Ulf Johansson. Le Premier ministre conservateur Fredrik Reinfeldt, fervent partisan de l'accueil des immigrés, a voulu donner devant le Parlement l'image d'une nation unie. Son ministre de l'Intégration Erik Ullenhag attribuait les violences à un chômage élevé et autres formes d'exclusion des quartiers où la population issue de l'immigration est majoritaire. Le taux de chômage à Husby atteignait 8,8% en 2012, contre 3,6% à Stockholm. Ces scènes de violence mettent en tout cas à mal l'image d'une Suède ouverte et tolérante, depuis longtemps un modèle social pour ses partenaires européens. _A Stockholm, la correspondance de Jean-Paul Pourron_
__
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.