Un "raid sur la zone 51" : c'est ce que propose un événement Facebook dont la date est fixée au 20 septembre prochain. Plus d'un million de personnes se sont inscrites comme "participants", poussant l'armée américaine à rappeler le caractère secret défense de cette zone.

Une statue représentant un extra-terrestre, près de la zone 51, en Arizona.
Une statue représentant un extra-terrestre, près de la zone 51, en Arizona. © AFP / Frederic J. BROWN

"Raid sur la zone 51 : ils ne pourront pas tous nous arrêter" : c'est le nom de cet événement qui réunit déjà plus de 1,2 million de participants (et 1 million de personnes "intéressées") sur Facebook. Organisé par trois "pages" Facebook (dont deux qui comptent à peine quelques centaines d'abonnés), l'opération a un objectif clair et net : pénétrer dans la zone 51 et découvrir ce que le gouvernement américain y cache - probablement, selon eux, l'existence d'extra-terrestres

Repaire d'activités extra-terrestres ?

Qu'est-ce que cette zone 51 ? Cette vaste zone militaire, située dans le désert du Nevada, sert essentiellement à l'expérimentation de nouveaux appareils aériens par l'armée américaine. Pendant la Guerre Froide, elle aurait aussi servi à l'étude des avions soviétiques, que les Américains avaient réussis à se procurer. Il s'agit d'une "base secrète" : si le gouvernement reconnait l'existence d'une base militaire dans ce secteur, aucune information officielle n'existe sur ce qu'il s'y passe. Son existence n'est devenue une certitude qu'en 2013, après la déclassification d'un rapport de la CIA qui en faisait état.

De quoi alimenter les théories les plus folles : depuis les années 80, cette mystérieuse zone est au cœur des croyances sur l'existence d'ovnis et d'extra-terrestres que le gouvernement américain voudrait cacher. Selon les théories, les débris du crash d'une soucoupe volante à Roswell y seraient entreposés, c'est là que les images de l'alunissage de 1969 auraient été tournées, le lieu servirait à communiquer avec des aliens, ou encore que des sources d'énergie infinie y seraient étudiées. Des théories largement entretenues par la série (de fiction, rappelons-le) X-Files dans les années 90, où la zone 51 est régulièrement évoquée.

Humour ou complotisme ?

Sur Facebook, la croissance de cet événement est exponentielle : samedi, après son lancement, il ne comptait que 300 000 inscrits. Mardi en début d'après-midi, il en comptait 1,3 million... et des messages par milliers, certains appuyant l'aspect humoristique de l'événement. Comme cette utilisatrice qui annonce : "On va faire des bentos à manger pour tout le monde, laissez-nous votre type de bento préféré en commentaire et on s'en occupe."

Ou encore, d'autres qui s'amusent du côté complotiste de cet événement : "Quand tu réalises que la Zone 51 a planifié elle-même ce raid... Pour pouvoir tester une nouvelle arme."

La description de l'événement ne manque pas d'aplomb : "Si nous courons comme Naruto [le héros ninja d'une série de mangas, NDLR], nous pourrons aller plus vite que leurs balles", peut-on lire – ce qui laisse peu de doute sur le côté humoristique de l'événement. Cependant, impossible de savoir, sur les centaines de milliers de participants, combien prennent l'initiative au premier degré - et vont prendre le risque de se présenter au niveau de la zone 51 le 20 septembre prochain. Car le risque est réel : la zone militaire est hautement protégée. Dans le journal américain The Washington Post, un porte-parole de l'armée a rappelé : 

La zone 51 est une zone d'entraînement militaire est une zone d'entraînement militaire, et nous tenons à décourager quiconque tenterait d'y rentrer au cours d'un exercice. L'armée se tient prête à tout moment à protéger les intérêts américains.

Si la sanction "normale" en cas d'intrusion est une amende, les soldats chargés de surveiller la zone ont l'autorisation d'ouvrir le feu lorsque la situation devient dangereuse. Et ils n'hésitent pas à le faire : en janvier dernier, une personne qui était entrée dans la zone avait été abattue par les forces de sécurité. 

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