D'abord bien accueillie, l'aide proposée par les pays du G7 pour combattre les feux en Amazonie a été sèchement rejetée, lundi, par le président brésilien Jair Bolsonaro. Mardi, le président a finalement accepté de discuter de cette aide.. à condition qu'Emamnuel Macron s'excuse pour ses "insultes".

Jair Bolsonaro, président brésilien et Emmanuel Macron, président de la République française
Jair Bolsonaro, président brésilien et Emmanuel Macron, président de la République française © AFP / EVARISTO SA // Ian LANGSDON / POOL

Le communiqué émis par la présidence brésilienne a été sans appel, pour refuser l'aide proposée par les pays du G7 pour combattre les feux en Amazonie. 

Onyx Lorenzoni, chef de cabinet du président Jair Bolsonaro, dont le rôle est équivalent à celui d'un chef de gouvernement, s'est exprimé sur un blog du portail d'information G1 : "Nous remercions (le G7 pour son offre d'aide, ndlr), mais ces moyens seront peut-être plus pertinents pour la reforestation de l'Europe."

À l'issue du sommet du G7 tenu à Biarritz, Emmanuel Macron avait auparavant annoncé une aide de 20 millions de dollars de la part des pays participants, destiné à lutter ces incendies. Mardi, Jair Bolsonaro a finalement déclaré qu'il était prêt à discuter de cette aide, mais seulement à une condition "D'abord monsieur Macron doit retirer les insultes qu'il a proférées contre ma personne (...) : d'abord il m'a traité de menteur et ensuite, d'après mes informations, il a dit que notre souveraineté sur l'Amazonie était une question ouverte".

"Macron n'arrive même pas à éviter un incendie prévisible dans une église qui fait partie du patrimoine mondial de l'humanité, et il veut nous donner des leçons pour notre pays ?" (Onyx Lorenzoni, chef de cabinet du président Jair Bolsonaro)

Onyx Lorenzoni, a ajouté qu'Emmanuel Macron "a beaucoup à faire chez lui et dans les colonies françaises", faisant référence aux départements et territoires d'outre-mer de la France, dont fait partie la Guyane, frontalière du Brésil et qui comprend une petite partie de la forêt amazonienne.  

"Le Brésil est une nation démocratique, libre et n'a jamais eu de comportements colonialistes et impérialistes comme c'est peut-être l'objectif du Français Macron. D'ailleurs, avec un fort taux interne de rejet", a encore déclaré le chef de cabinet du président Bolsonaro.    

Escalade dans les tensions

Avant ces déclarations, le ministre de l'Environnement, Ricardo Salles, avait pourtant estimé que l'aide proposée par le G7 était "bienvenue". Mais Jair Bolsonaro s'est ensuite réuni avec quelques ministres et son chef de cabinet a changé de ton.  "Personne n'a besoin d'une nouvelle initiative sur l'Amazonie", a abondé le chef de la diplomatie brésilienne, Ernesto Araujo, faisant valoir qu'il existait déjà des mécanismes sous l'égide de la Convention du climat de l'ONU "pour financer le combat contre la déforestation, et pour reforester".  

Jair Bolsonaro avait lui-même pourfendu la proposition d'Emmanuel Macron dès lundi, en tweetant : "Nous ne pouvons accepter qu'un président, Macron, lance des attaques déplacées et gratuites contre l'Amazonie, ni qu'il déguise ses intentions derrière l'idée d'une 'alliance' de pays du G7 pour 'sauver' l'Amazonie, comme si c'était une colonie."

Les tensions entre la France et le Brésil se sont singulièrement accrues depuis la semaine dernière, lorsque Emmanuel Macron a appelé les dirigeants des membres du G7, qui s'est tenu à Biarritz de samedi à lundi, à discuter en urgence des incendies en Amazonie. Son homologue brésilien, Jair Bolsonaro, l'avait alors accusé d'avoir une "mentalité colonialiste". Il s'en est ensuite pris au physique de Brigitte Macron, l'épouse du président français. Emmanuel Macron a répliqué que c'était "triste d'abord pour lui et pour les Brésiliens" et qu'il espérait que "très rapidement" les Brésiliens "auront un président qui se comporte à la hauteur"

Les précipitations attendues avec la saison des pluies ne suffiront sans doute pas à éteindre les incendies qui ravagent l'Amazonie brésilienne, à en croire les prévisions météorologiques et de l'avis de spécialistes. Le nombre de feux qui se sont déclarés en Amazonie brésilienne sont en hausse de 80% depuis le début de l'année, selon les données de l'institut national de la recherche spatiale du pays, l'INPE, arrêtées au 25 août.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.