Âgée de 73 ans, cette militante démocrate fait campagne pour Joe Biden dans un des comtés les plus indécis de Caroline du Nord, État-clé de l’élection présidentielle américaine.

Susanne Werner mobilise les militants démocrates à distance, Covid oblige
Susanne Werner mobilise les militants démocrates à distance, Covid oblige © Radio France / Franck Mathevon

"J’étais totalement sous le choc quand Donald Trump l’a emporté il y a quatre ans." Susanne Werner ne s’est toujours pas remise de la défaite d’Hillary Clinton. À 73 ans, cette dynamique retraitée qui travaillait dans l’import-export a donc mis toute son énergie dans cette campagne. Les jours de beau temps, elle installe son bureau sur la véranda de sa confortable maison de la banlieue nord de Wilmington, ville côtière très courtisée par les candidats. Donald Trump y a d’ailleurs fait escale en septembre.

"Donald Trump a défait à peu près tout ce qui rendait la vie meilleure"

Voilà huit ans que Susanne est pleinement engagée dans le combat politique au sein du parti démocrate de Wilmington. Elle a même pris des responsabilités dans la section locale de New Hanover County dont elle est 2ème vice-présidente. Ce comté figure dans une liste de dix comtés stratégiques de la présidentielle dressée par le New York Times.

Susanne Werner a les larmes aux yeux quand elle parle de son combat : "C’est l’élection la plus importante de ma vie. Donald Trump a défait à peu près tout ce qui rendait la vie meilleure pour les citoyens de ce pays. Nous sommes très inquiets de ce qu’un nouveau mandat de quatre ans pourrait entraîner. Littéralement nous avons peur pour la civilisation occidentale et la démocratie."

Originaire de l’Ohio, un autre État toujours très disputé lors des présidentielles, Susanne Werner sait à quel point la mobilisation sera importante. Elle passe donc ses journées à tenir des réunions Zoom avec des bénévoles, à passer des coups de fil à des électeurs pour tenter de les convaincre d’aller voter.

Une campagne perturbée par la pandémie

Car tout est très différent cette année. Il a fallu s’adapter à la pandémie de Covid. Contrairement aux républicains, les démocrates ont renoncé aux opérations de porte-à-porte, aux réunions physiques. Toute la campagne, ou presque, est menée virtuellement.  

"On avait l’habitude de démarcher les électeurs au téléphone tous ensemble dans une même pièce. Mais là, chacun a dû rester chez soi. C’est plus difficile, on ne peut pas se motiver les uns les autres."  

Malgré tout, Susanne Werner suit les recommandations sanitaires, une règle fixée par le parti démocrate. Joe Biden lui-même tient ses meetings devant des supporters enfermés dans des voitures tandis que Donald Trump rassemble plusieurs fois par jour des milliers de fans, sans masque, dans les États-clé de la présidentielle. La pandémie de Covid, enjeu majeur de la campagne, pourrait faire perdre beaucoup d’électeurs au président. Le nombre de cas a beaucoup augmenté ces derniers jours aux États-Unis.

Peur d'une contestation des résultats

Susanne espère une victoire large de Joe Biden. "Nous avons peur que Donald Trump conteste les résultats dans de nombreux États. La meilleure manière de gagner cette élection, c’est une victoire écrasante de Joe Biden. Si son succès est très large, nous ne devrions pas avoir de problèmes, mais si c’est serré, il faudra s’inquiéter."

La Caroline du Nord fait partie des États qui dépouillent bien avant le jour de l’élection les votes par correspondance, ce qui devrait limiter les contestations. Les résultats pourraient donc tomber assez vite à Wilmington. Et si Joe Biden est donné vainqueur, la nuit du 3 au 4 novembre pourrait être douce pour les Démocrates.