Les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières ont annoncé jeudi devoir "mettre un terme" aux opérations de sauvetage du navire Aquarius, qui a porté assistance à près de 30 000 migrants. Les associations affirment déjà chercher un nouveau bateau et un nouveau pavillon.

L'Aquarius portait secours aux migrants depuis février 2016
L'Aquarius portait secours aux migrants depuis février 2016 © AFP / Maud VEITH / SOS MEDITERRANEE

"Renoncer à l'Aquarius a été une décision extrêmement difficile à prendre", selon le directeur des opérations de SOS Méditerranée, Frédéric Penard : jeudi soir, l'ONG humanitaire, conjointement avec Médecins sans frontières, ont annoncé mettre fin aux opérations de sauvetage de l'Aquarius, navire devenu le symbole de la crise d'accueil des migrants en Europe.

"C'est un jour sombre", déplore Nelke Mander, directrice générale de MSF, ajoutant que "la fin de nos opérations à bord de l'Aquairus signifie davantage de morts en mer". Les deux ONG ont pris cette décision suite aux "attaques incessantes dont le navire et ses équipes ont fait l'objet". 

L'Aquarius immobilisé depuis octobre

Le navire, qui avait commencé ses opérations en février 2016, est bloqué à Marseille depuis le mois d'octobre, après que Gibraltar, puis le Panama, lui ont retiré son pavillon. La semaine dernière, le pavillon suisse lui avait été refusé. Et fin novembre, la justice italienne avait demandé son placement sous séquestre en raison d'un soupçon de traitement illégal de déchets, des accusations "disproportionnées et infondées" pour SOS Méditerranée. 

Depuis le printemps, sous l'impulsion du ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, l'Aquarius avait été confronté à de nombreux refus d'accueil dans des ports européens. La France, notamment, avait refusé à plusieurs reprise qu'il accoste dans un port de la cote méditerranéenne. Il avait finalement pu débarquer, notamment une première fois en juin à Valence, puis une dernière fois au début de l'automne à Malte, avant d'arriver le 4 octobre à Marseille, d'où il n'avait plus bougé. 

Recherche d'un nouveau navire

Depuis le début de ses opérations l'Aquarius a permis le sauvetage de près de 30 000 personnes. Basée à Marseille, SOS Méditerranée a affirmé "explorer déjà activement les options pour un nouveau navire et un nouveau pavillon". Selon Frédéric Penard :

"Nous refusons de rester les bras croisés sur le rivage alors que des gens continuent de mourir en mer". 

Sur Twitter, Marine Le Pen s'est réjouie de "la fin d'une imposture pseudo-humanitaire et véritablement immigrationniste". De son côté, MSF assure que "aussi longtemps que des gens souffriront en Libye, elle cherchera des moyens de leur porter secours". 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.