Les tensions entre les Occidentaux et la Russie s'intensifient après des soupçons sur le bombardement par les russes d'une école en Syrie, faisant 28 morts, dont 22 enfants.

La Russie nie avoir bombardé cette école syrienne, la communauté internationale parle de "crime de guerre" en cas d'attaque volontaire
La Russie nie avoir bombardé cette école syrienne, la communauté internationale parle de "crime de guerre" en cas d'attaque volontaire © AFP / ABDULGANHI ARIAN / ANADOLU AGENCY

La Russie a assuré jeudi soir qu'elle n'avait "rien à voir" avec les frappes contre une école syrienne mercredi, dans laquelle 22 enfants et six enseignants sont morts.

Située dans la province d'Idleb, un bastion de rebelles islamistes et de djihadistes d'anciennement al-Nostra, l'école aurait été victime de frappes russes, selon plusieurs médias arabes et occidentaux. "Un mensonge", selon Maria Zakharova, la porte-parole de la diplomatie russe.

Ayrault convaincu de la responsabilité de la Russie ou du régime de Bachar al-Assad

Selon le porte-parole du ministre russe de la Défense, Igor Konachenkov, aucune des photographies et des vidéos enregistrées par un drone russe ne montre un cratère attribuable à des bombes larguées d'avion.

En France, Jean-Marc Ayrault a mis en cause le régime de Bachar al-Assad ou la Russie, deux seules forces en présence disposant d'une flotte aérienne : "Qui est responsable ? En tout cas ce n'est pas l'opposition car pour bombarder il faut des avions."

Depuis le 30 septembre 2015, la Russie fait intervenir son aviation pour soutenir le président syrien Bachar Al-Assad, et elle a toujours affirmé frapper des "cibles terroristes". Mais les pilotes russes ont déjà été soupçonnés de viser les rebelles modérés et de commettre des "crimes de guerre" contre les civils.

Quelle stratégie de la communauté internationale ?

Si le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exigé une "enquête immédiate et impartiale", son porte-parole a indiqué qu'il y avait "d'autres options possibles", comme le Conseil de sécurité ou la saisine de la Cour pénale internationale (CPI). Problème : cette dernière, à laquelle la Syrie n'a pas adhéré, ne peut enquêter sur cet incident que si elle est saisie par le Conseil de sécurité. Or un tel scénario a peu de chance d'aboutir face au probable veto de la Russie.

Jeudi, la saisine de la CPI a été demandée à la fois par Gordon Brown, envoyé spécial de l'ONU pour l'éducation et ex-Premier ministre britannique, pour "crime de guerre", après l'attaque de l'école à Idleb, et par le Parlement européen, pour "génocide" de la part du groupe Etat islamique (EI) en Irak, Syrie et Libye.

Une certitude : les enfants continuent à être les victimes de cette guerre syrienne, qui a fait plus de 300.000 morts et des millions de déplacés depuis mars 2011. Au moins six ont ainsi été tués jeudi dans des tirs de roquettes sur deux quartiers sous contrôle gouvernemental, et notamment contre une école, à Alep, ont rapporté les médias officiels syriens.

Faisant référence à cette attaque contre une école d'Alep, M. Konachenkov a dénoncé jeudi à Moscou le double langage des Occidentaux : "Aujourd'hui, une école a été frappée par un obus et un ballon au gaz tirés depuis l'Est d'Alep, contrôlé par les terroristes. Trois enfants ont été tués sur le coup. (...) Pourquoi l'Unicef et certains membres permanents du Conseil de sécurité s'obstinent-ils à ne pas remarquer cela ?".

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