Pour l'opposition syrienne, et singulièrement pour la Coalition nationale syrienne (CNS), participer à Genève II est un vrai dilemme. Sur quels principes doit se tenir la conférence ? Avec quelle délégation ? Réduite ou élargie ? A quel moment Bachar Al-Assad doit-il quitter le pouvoir ? Combien de temps doit durer la transition ?

La France continue de militer pour une délégation de l'opposition composée majoritairement de membres de la CNS. Problème : la coalition s'est beaucoup démonétisée ces derniers mois. Les défections de dizaines de groupes armés au sud et au nord, plusieurs défaites militaires, ont accéléré le processus d'affaiblissement sur le terrain. Après les non frappes de septembre et la non fourniture d'armes, le désarroi a gagné les rangs de l'opposition qui se sent trahie par l'Occident.

Désormais, Russes et Américains sont à la manoeuvre pour lancer un processus politique. On parle même, sinon d'un plan, du moins d'une série d'idées américano-russes. D'abord, le départ de Bachar Al-Assad serait du ressort des Syriens eux-mêmes, une élection présidentielle sous contrôle international serait organisée, quant au transfert des pouvoirs de Bachar à un organe de transition, c'est le grand flou...

Pour les opposants, c'est évidemment inacceptable, d'où leur grande réticence à entrer dans le processus de Genève. Les Américains sont en tout cas en train de faire pression sur les sponsors arabes de la Coalition -Arabie saoudite et Qatar- pour qu'une délégation soit formée et se rende à Genève.

Le régime de Bachar Al-Assad, lui, préférerait une délégation élargie de ces opposants pour espérer jouer sur les rivalités entre la CNS, la Coordination, les Kurdes et les groupes armés. La Suisse a d'ailleurs proposé deux semaines de formation aux membres de l'éventuelle délégation qui seront désignés. Histoire de ne pas être mis KO dès les premiers rounds...

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