Bachar Al-Assad s'apprête à décrocher un 3ème mandat
Bachar Al-Assad s'apprête à décrocher un 3ème mandat © reuters

15 millions de syriens sont appelés aux urnes ce mardi dans les zones tenues par le régime. Il y a trois candidats en lice pour la présidentielle, mais Bachar Al-Assad, 48 ans, est assuré de décrocher un nouveau mandat trois ans après le début de la révolution syrienne.

Il s'agit théoriquement de la première présidentielle depuis plus de cinquante ans en Syrie. Jusque là, Bachar Al-Assad et son père Hafez avaient été nommés par référendum. Pourtant, pas de doute sur l’issue du scrutin : l’actuel président syrien s’apprête à être reconduit pour un 3ème mandat.

L'important c'est de vaincre: le reportage de Christian Chesnot

Un scrutin sur-mesure

En mars dernier, le régime s’est concocté une loi électorale qui exclut de facto l’opposition en exil. Chaque candidat doit en effet « avoir vécu en Syrie pendant une période de dix ans de manière continue au moment de présenter sa candidature et ne doit pas avoir une nationalité autre que syrienne. ». Le pouvoir en place a aussi joué la carte de la notoriété. Les deux autres candidats sont quasiment inconnus du grand public. Le premier, Maher al-Hajjar, est un parlementaire communiste sunnite de la région d’Alep. Le second, Hassan al-Nouri, est un entrepreneur chiite de Damas qui travaille dans le cirage. Deux candidats qui serviront de faire-valoir à l’actuel président alaouite. Qui pourra ainsi démontrer que les Syriens n’ont que faire des sentiments confessionnels que la presse attribue à l’opposition… et qu’ils ont choisi le candidat le plus compétent.

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Une « parodie de démocratie »

Plus de 9.000 bureaux de vote sont installés à travers la Syrie. Des équipes d'observateurs de pays alliés au régime sont déjà à Damas. Ces délégations venues de Russie, de Corée du Nord, d’Iran, d’Ouganda du Vénézuela ou du Tadjikistan sont censées "superviser" ces élections. Un scrutin présidentielle qualifié de « farce » et dénoncé par les pays occidentaux. La France, l’Allemagne et la Belgique ont notamment interdit aux électeurs syriens de voter dans leurs ambassades.

Ecoutez les précisions de Christian Chesnot

L'opposition dénonce une "élection du sang" et appelle au boycott du scrutin. Un vote qui servira avant tout à renforcer la position de Bachar Al-Assad face à une opposition et à une rébellion fragmentées confrontée à des jihadistes radicaux. En trois ans, le conflit syrien a fait plus de 162.000 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

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