John Kerry et Sergueï Lavrov au siège de l'ONU fin septembre
John Kerry et Sergueï Lavrov au siège de l'ONU fin septembre © MaxPPP

Les chefs des diplomaties américaine, saoudienne, turque et russe se retrouvent ce vendredi à Vienne pour des pourparlers inédits sur la guerre en Syrie entre le trio Washington-Ryad-Ankara, farouches adversaires du régime de Damas, et Moscou, son plus fidèle allié.

C'est une première depuis le début de la guerre : le ballet diplomatique qu’accueille la Vienne des valses s’annonce inédit. Ce vendredi, la capitale autrichienne sera le théâtre d'une série de pourparlers sur le dossier syrien les chefs des diplomaties américaine, saoudienne, turque et russe. D’un côté, le trio Washington-Ryad-Ankara, farouches adversaires du régime de Damas. De l’autre, Moscou, son plus fidèle allié.

Complicité Kerry-Lavrov sur fond de relations dégradées

Le point d'orgue en sera, en début d'après-midi, une réunion quadripartite consacrée au conflit syrien, une première diplomatique et le signe de l'internationalisation d'une guerre civile qui a fait plus de 250.000 morts depuis mars 2011. Une trilatérale Etats-Unis-Arabie saoudite-Turquie, également inédite, est aussi programmée dans la matinée. Elle sera suivie d'un nouvel entretien entre John Kerry et Sergueï Lavrov, deux dirigeants qui affichent une certaine complicité et qui maintiennent un canal de communication entre leurs gouvernements aux relations très dégradées.

Concilier des positions antagoniques ?

Les positions entre, d'un côté, Washington, Ryad et Ankara et, de l'autre côté, Moscou, demeurent antagoniques sur la Syrie. Les Américains et leurs alliés pilotent une coalition militaire internationale contre le groupe jihadiste Etat islamique et apportent leur soutien à des rebelles syriens ennemis du régime de Damas. Face à eux, Vladimir Poutine, allié clé du président Bachar al-Assad , qui a lancé il y a trois semaines une campagne de bombardements aériens en Syrie au nom de la lutte contre le "terrorisme". Des raids pressentis par Washington et ses partenaires comme un moyen à peine déguisé de sauver le chef de l'Etat syrien, accusent Washington et ses partenaires.

Paris après Vienne

Nouvelle étape des discussions annoncée ce vendredi : la France réunira la semaine prochaine à Paris ses alliés allemand, britannique, américain et saoudien sur le dossier syrien... Mais pas la Russie ni l'Iran, en tout cas pas à ce stade, selon Laurent Fabius. Dans le même temps, Paris déposera au milieu de la semaine une résolution à l'Onu pour faire interdire en Syrie le largage de barils d'explosifs sur les populations civiles. Laurent Fabius espère ainsi mettre en difficulté le régime syrien.

Il faut faire en sorte que le régime (de Bachar al Assad) arrête de bombarder les populations civiles.

Ni la France, ni l'Allemagne n'ont été conviées à la rencontre diplomatique de Vienne.

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