Laurent Fabius et Sergueï Lavrov se sont rencontrés à Moscou
Laurent Fabius et Sergueï Lavrov se sont rencontrés à Moscou © Reuters

La France et la Russie ont fait mardi à Moscou le constat de désaccords persistants sur la Syrie, tant sur la question de la responsabilité du régime dans l'attaque chimique du 21 août que sur l'adoption d'une résolution contraignante pour Damas.

Retour à la case départ. Après un semblant de pas en avant, la Russie campe finalement sur ses positions. Moscou parle de "divergences " sur la façon d’arrêter le bain de sang en Syrie. Paris évoque des "différences d'approche sur les méthodes ".

Voilà pour le vocabulaire diplomatique. La réalité est beaucoup plus claire.

Des points de vue radicalement différents

La Syrie a accusé les puissances occidentales de vouloir torpiller la possibilité d'un règlement négocié du conflit en fixant des préalables àd'éventuels pourparlers et en soutenant la rébellion.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a affirmé lundi que le président Bachar al-Assad avait perdu "toute légitimité " pour diriger la Syrie et que les pays occidentaux feraient tout ce qui est en leur pouvoir "pour aider le peuple syrien à sortir du chaos et de la violence ".

Une réunion internationale fin septembre à New-York

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a annoncé l'organisation la semaine prochaine à New York d'une "grande réunion internationale autour de la coalition nationale syrienne ".Ce nouveau rendez-vous des amis de la Syrie réunit onze pays. Il sera évoqué le nouveau visage des rebelles : en quelques mois, de tres nombreux djihadistes et islamistes ont rejoint la contestation .

Un rapport publié ce week end a Londres affirme même que les forces rebelles sont désormais pour moitié formés d'extrémistes.

A ECOUTER :> Les explications d'Estelle Schmitt.

La Russie continue de refuser un recours à la force

Alors que la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne souhaitent un texte prévoyant des "conséquences ", Moscou oppose une fin de non recevoir. La résolution du Conseil de sécurité sur le démantèlement des armes chimiques syriennes "ne sera pas sous chapitre 7 " de la charte de l'ONU, a déclaré mardi le ministre russe des Affaires étrangères. Ce chapitre 7 prévoit le recours à la force.

"La résolution qui devra approuver la décision de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques ne sera pas sous chapitre 7, nous l'avons dit clairement à Genève. » (Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères)

La Russie pense toujours que l'attaque chimique du 21 août en Syrie était une provocation des rebelles pour entraîner une réaction internationale. Au contraire, Laurent Fabius a réaffirmé n'avoir "aucun doute sur la responsabilité du régime Damas ".

A ECOUTER : > Les explications de Marc Crépin, depuis Moscou.

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