Les forces antijihadistes soutenues par les Etats-Unis estiment à environ 5.000 le nombre de personnes encore présentes dans l'ultime réduit du groupe Etat islamique (EI), dans l'est de la Syrie. La bataille pourrait durer encore plusieurs jours. Reportage d'Aurélien Colly dans le camp de Baghouz.

Pour maintenir la pression militaire et le siège de la dernière bande tenue par les djihadistes le long de l’Euphrate, une colonne de combattants arabes montent au front prendre la relève.
Pour maintenir la pression militaire et le siège de la dernière bande tenue par les djihadistes le long de l’Euphrate, une colonne de combattants arabes montent au front prendre la relève. © Radio France / Aurélien Colly

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants arabes et kurdes soutenue par la coalition internationale anti-EI conduite par les Etats-Unis, tentent de déloger l'EI de sa dernière poche en Syrie, dans le village de Baghouz, non loin de la frontière irakienne.   

Lors d'une conférence de presse dimanche, le porte-parole des FDS, Kino Gabriel, a souligné qu'aucun calendrier précis ne pouvait être avancé pour la fin de l'opération.   

A Baghouz, les frappes de la coalition ont visé les dépôts de munition, les véhicules où les bâtiments où se regroupaient les djihadistes. Elles n’ont pas visé ce camp informel en raison de la présence de civils, mais les bombardements assourdissants
A Baghouz, les frappes de la coalition ont visé les dépôts de munition, les véhicules où les bâtiments où se regroupaient les djihadistes. Elles n’ont pas visé ce camp informel en raison de la présence de civils, mais les bombardements assourdissants © Radio France / Aurélien Colly

Quelque 5.000 personnes se trouveraient encore dans l'ultime réduit, composé d'un petit campement fait de tentes et creusé de tunnels.   Cette estimation est basée sur les récits du dernier groupe d'évacués.Il est toutefois impossible de vérifier ce chiffre.  

Sur le front, les combattants arabo-kurdes n’attaquent plus les derniers djihadistes, mais tiennent leur position. Ils attendent que le siège et les frappes aériennes amènent le dernier carré à se rendre et à quitter l’enclave via un corridor laissé
Sur le front, les combattants arabo-kurdes n’attaquent plus les derniers djihadistes, mais tiennent leur position. Ils attendent que le siège et les frappes aériennes amènent le dernier carré à se rendre et à quitter l’enclave via un corridor laissé © Radio France / Aurélien Colly

A Baghouz Aurélien Colly a pu entrer dans ce qui était il y a encore 15 jours, une enclave où plusieurs milliers de personnes étaient retranchés.

A Baghouz, dans le Nord-Est de la Syrie, les djihadistes et leurs familles ont tout abandonné dans leur reddition ou leur retraite,
A Baghouz, dans le Nord-Est de la Syrie, les djihadistes et leurs familles ont tout abandonné dans leur reddition ou leur retraite, © Radio France / Aurélien Colly

Une offensive qui n'en finit plus 

L'assaut décisif des forces antijihadistes s'inscrit dans le cadre d'une offensive lancée en septembre dernier ayant permis d'acculer les combattants de l'EI dans un ultime périmètre près du fleuve Euphrate, dans la province de Deir Ezzor (est).     

A son lancement, le commandant en chef des FDS, Mazloum Kobani, avait alors prédit la fin des opérations dans un délai d'un mois. Mais le nombre massif d'hommes, de femmes et d'enfants évacués par vagues successives du réduit a pris les FDS de court, les poussant à suspendre maintes fois leurs opérations pour éviter un bain de sang et permettre de nouvelles évacuations.   

Quelque 64.000 personnes sont sorties depuis janvier dernier de l'enclave de l'EI : 5.000 jihadistes qui ont été arrêtés et 25.000 personnes, membres de familles de jihadistes. Quelque 34.000 autres personnes, des civils, ont été également évacuées.  

Le sol est jonché de vêtements, de couvertures, d’ustensiles de cuisines, de médicaments ou de munitions abandonnés par les djihadistes et leurs familles
Le sol est jonché de vêtements, de couvertures, d’ustensiles de cuisines, de médicaments ou de munitions abandonnés par les djihadistes et leurs familles © Radio France / Aurélien Colly

L'EI avait proclamé en 2014 un "califat" sur de vastes régions conquises à cheval entre la Syrie et l'Irak avant que son territoire ne se réduise comme peau de chagrin.   Sa défaite à Baghouz constituera la fin officielle de son "califat", mais le groupe a déjà entamé sa mue en organisation clandestine.   

Dans le camp de Baghouz, pour se protéger des frappes aériennes, les djihadistes et leurs familles se sont enterrés dans des fossés, des tranchées ou des tunnels creusés sous leurs tentes.
Dans le camp de Baghouz, pour se protéger des frappes aériennes, les djihadistes et leurs familles se sont enterrés dans des fossés, des tranchées ou des tunnels creusés sous leurs tentes. © Radio France / Aurélien Colly

La guerre en Syrie qui a entamé sa neuvième année, a déjà tué plus de 370.000 personnes et déplacé plusieurs millions d'autres.

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