On sait d'avance qu'il ne sortira pas grand chose de cette réunion du Conseil de sécurité de l'ONU présidée par Laurent Fabius. En coulisse, les diplomates français sont sans illusion. Un temps, Paris avait suggéré la piste d'une résolution humanitaire. Double échec : Washington et Londres n'en veulent pas parce que, pour eux, la logique onusienne a été épuisée tandis que Russes et Chinois considèrent qu'un tel texte, même à contenu humanitaire, serait biaisé politiquement.

Que va donc faire Laurent Fabius à l'ONU ? D'abord, explique-t-on au Quai d'Orsay, prendre acte devant l'Histoire :"que chacun prenne ses responsabilités devant le monde et l'avenir," explique un diplomate. Et puis, il s'agit malgré tout de"maintenir mobilisé le Conseil de sécurité, car malgré le blocage à l'ONU, ce n'est pas la fin de l'histoire, la Syrie reviendra dans les discussions," poursuit-il.

Dans le cadre de cette mobilisation des consciences, Laurent Fabius a invité autour de la table du Conseil, les pays voisins de la Syrie qui voient chaque jour augmenter le flot de réfugiés : Turquie, Jordanie, Liban et Irak. Le patron du HCR, Antonio Guterres, sera lui aussi présent. L'idée est de lever des fonds pour venir en aide aux 2 millions de déplacés internes et aux 300 000 réfugiés.

Et puis, pour le Quai d'Orsay, ce volet humanitaire ne doit pas occulter le volet politique de l'après Bachar Al-Assad, même si on a du mal à l'imaginer pour le moment. Un diplomate résume l'état d'esprit: "ce qui commande tout, c'est la situation sur le terrain." Or, pour le moment, justement rien n'est clair.

Et ce diplomate d'ajouter :" l'après Bachar, ce ne sera ni Dayton, ni Taëf" , en référence aux accords qui ont mis fin aux combats inter ethniques en Bosnie-Herzégovine et à la guerre civile au Liban. Bref, la question à 1000 euros, c'est évidemment à quoi ressemblera la Syrie sans Bachar Al-Assad? Pour l'heure, personne n'a la réponse.

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