Certaines voix s'élèvent pour réclamer l'envoi d'armes lourdes aux insurgés. L'ancien ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner à l'instar de BHL, y est favorable comme il l'a dit dans une interview à Paris-Match cette semaine. Pourquoi? Parce que "certains pays musulmans le font." Bernard Kouchner ne les a pas cités, mais tout le monde aura compris qu'il s'agit du Qatar, de l'Arabie Saoudite et dans une moindre mesure de la Libye.

Dans la région pourtant, certains pays arabes y sont franchement défavorables. Le roi Abdallah II de Jordanie l'a ainsi répété à Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, lors de son passage à Amman le 16 août dernier. Le souverain hachémite a dit à Fabius, non seulement qu'il était inquiet de la montée en puissance des radicaux islamistes au sein des insurgés, mais qu'il était tout à fait contre la livraison d'armes aux rebelles, parce qu'à la fin "on ne sait pas dans quelles mains elles tombent."

Laurent Fabius lui a réaffirmé la position de Paris : la France, comme ses partenaires européens, a décrété un embargo sur les armes à destination de la Syrie, seuls des équipements de transmission, de communication et d'observation (notamment des jumelles nocturnes) sont livrés aux rebelles. L'expérience de la chute de Kadhafi et la migration des combattants islamistes avec armes et bagages au Mali est aujourd'hui un repoussoir, tant à l'Elysée qu'au Quai d'Orsay.

Les Américains sont, eux aussi, extrèmement prudents, comme le rappelle l'International Herald Tribune ("Risks limit US option for Syrian intervention" ): la livraison des fameux missiles Stinger aux rebelles afghans dans les années 80 qui se sont retrouvés ensuite aux mains des Talibans restent comme une arête dans la gorge de la CIA. Pour le moment, et pour encore sans doute de longs mois, les insurgés devront donc se débrouiller comme ils le peuvent face à l'armée syrienne.

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