Tout le pays regarde vers les Etats-Unis, où le Congrès vote cette semaine sur une intervention en Syrie. Mais avec ou sans l'Occident, l'opposition syrienne reste mobilisée. Reportage au cœur de l'Armée Syrienne Libre, à la frontière jordanienne.

C'est une semaine décisive pour le régime de Bachar al Assad. Sur place en Syrie, les combats se poursuivent entre armée régulière et armée syrienne libre. L'ASL travaille également aux frontières de la Syrie.

Philippe Randé et Gilles Gallinaro ont rencontré des dirigeants de l'ASL au Nord de la Jordanie, à la frontière jordano-syrienne.

Le regard tourné vers les Etats-Unis

Après l'utilisation supposée de gaz toxiques, la Syrie est désormais suspendue au vote du Congrès américain qui se réunit a partir d'aujourd'hui. Pour l'instant, l'intervention millitaire continue d'alimenter un débat mondial.

A deux jours du vote crucial du Sénat, la Maison blanche ne ménage pas ses efforts pour convaincre les parlementaires américains de donner leur feu vert à une intervention militaire en Syrie.

Alors que le vote des sénateurs américains est attendu mercredi, le secrétaire général de la Maison blanche, Denis McDonough, a été vu dimanche sur cinq plateaux de télévision où il a plaidé pour des frappes limitées en représailles au bombardement à l'arme chimique du 21 août.

Le camp d'Obama n'est pas convaincu analyse l'historien François Durpaire avec Claire Servajean

Cet effort de lobbying doit se poursuivre lundi avec une interview que Barack Obama doit accorder à six chaînes de télévision et atteindra son point culminant mardi soir avec une adresse du président américain à la nation.

Selon un sondage, moins de 40% des Américains seraient favorables à une intervention.

Pour David Harrisson, qui travaille à Congresionnal Quarterly (revue spécialisée sur le Congrès), ce cas de figure est totalement inédit dans l'histoire récente américaine. Il répond à Frédéric Carbone.

A Paris, le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, n'a pas exclu la suggestion de la France de revenir vers le Conseil de sécurité des Nations unies pour tenter d'obtenir le vote d'une résolution sur la Syrie une fois publié le rapport des inspecteurs de l'Onu sur l'attaque du 21 août qui a fait plus de 1.400 morts.

Face à l'opposition à une opération militaire de la Russie et la Chine, et aux réticences exprimées par de nombreux autres pays et par les opinions publiques française et américaine, François Hollande s'est dit favorable samedi à ce que le Conseil de sécurité de l'Onu soit une nouvelle fois saisi, malgré le veto prévisible de Moscou et Pékin.

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image lien dossier Syrie 2 © Reuters

Deux otages libérés

Deux hommes ont retrouvé leur liberté hier : le journaliste italien Domenico Quirico et l'auteur belge Pierre Piccinin da Prata avaient été enlevés en Syrie début avril.

Le premier, vétéran de La Stampa qui a couvert de nombreux conflits en Afrique et au Moyen-Orient, s'était rendu en Syrie le 6 avril et avait disparu quatre jours plus tard.

Il a pu contacter son épouse par téléphone en juin pour confirmer son enlèvement et rassurer sur son état de santé.

Elio Di Rupo, qui s'exprime sur Twitter, dit quant à lui partager l'émotion des familles.

On ignore l'identité des ravisseurs des deux hommes, qui étaient ensemble au moment de leur enlèvement.

L'Italie a condamné le gouvernement syrien mais refuse de s'associer à une intervention militaire en l'absence de mandat de l'Onu.

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