" Le danger, c’est qu’on oublie la crise syrienne et qu'elle devienne un conflit gelé." Cette réflexion d'un diplomate européen en dit long sur le désenchantement qui règne dans les chancelleries.

Et notre diplomate de poursuivre :"Depuis plus d’un an, les fronts se sont stabilisés. Il n’y a plus de grands mouvements de troupes. L’armée du régime est épuisée et anémiée. Elle n’a plus les moyens de faire ce qu’elle faisait au début. Il y a un grignotage du Front Al-Nousra mais il n’y a pas de consolidation des zones conquises des deux côtés. La base militaire que les jihadistes viennent de conquérir à Idlib sera peut-être reperdue dans deux mois. L’Iran et le Hezbollah participent à la consolidation des fronts."

L'unique fil diplomatique sur la table, c'est la proposition de gel des combats à Alep proposée par Staffan De Mistura, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour la Syrie. La priorité n'est plus le départ de Bachar Al-Assad mais de faire baisser la tension, d'enclencher un processus de désescalade. "L'idée, explique notre diplomate européen, est de ""saucisonner" Alep quartier par quartier pour que la population civile puisse bénéficier de l'acalmie. C'est la politique des petits pas, du bas vers le haut."

Lors de la dernière réunion à Bruxelles relative à l'examen du plan De Mistura sur Alep, la France et la Grande-Bretagne ne s’y sont pas opposées mais ont posé des conditions, notamment pour le déploiement d’observateurs internationaux qui devrait être mené, selon Paris et Londres, sous chapitre VII de l’ONU. "C’est une façon de planter une banderille dans cette initiative, regrette notre source européenne. Les Français et les Britanniques restent les plus rigides parmi les Européens."

Bref, la diplomatie semble aujourd'hui peser bien peu dans la crise syrienne, mais existe-t-il une autre option ? "Non" , répond notre diplomate européen qui reprend à son compte une formule de Talleyrand : "On ne soutient... que ce qui tombe!"

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