Quel constat d'échec ! Après plus de deux ans de révolte, l'opposition syrienne n'a jamais paru aussi faible et divisée. Il y a bien sûr les querelles personnelles : tout le monde veut être "calife à la place du calife". Chacun veut parler "au nom du peuple syrien" mais avec quelle légitimité ?

Au Quai d'Orsay, on répond que dans le contexte de violence il est impossible d'organiser le moindre scrutin. Certes. Depuis deux ans, on nous martelle que l'opposition syrienne est en phase de "structuration" . La démission d'Ahmad Moaz Al-Khatib, le chef de la Coalition nationale syrienne (CNS), a fait le plus mauvais effet sur les Occidentaux réticents à livrer des armes.

Quelques jours avant sa démission surprise, un diplomate français nous confiait : "l'interlocuteur de la France, c'est Moaz Al-Khatib et la CNS." Et ce diplomate de poursuivre : "nous avons aujourd'hui une bonne cartograhie des groupes armés syriens, on sait qui est où et qui fait quoi." Il va falloir réévaluer la situation... La carte de l'opposition ressemble à des sables mouvants.

Au fond, le problème, c'est que le dossier syrien échappe de plus en plus... aux Syriens eux-mêmes ! On a connu ce phénomène pendant la guerre civile libanaise (1975-1990) : sur le terrain, les groupes armés sont "sponsorisés" par des puissances régionales. Chaque acteur étranger veut ses "katibas" pour être présent dans le règlement final. Celle qui paie la facture, comme hier au Liban, c'est la population encore et toujours.

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