Pas besoin d'être expert en processus électoral pour pointer du doigt les failles de l'élection présidentielle syrienne. Comment voter sereinement et librement dans un pays en guerre ? Ce qui est frappant c'est le retournement de situation qui s'est opéré en faveur de Bachar Al-Assad en l'espace d'un an. Le président syrien peut désomais envisager une victoire militaire, qui ne serait certes pas totale, mais qui lui pemettrait de contrôler la Syrie utile, abandonnant la périphérie du pays aux insurgés, jihadistes ou pas. Sur cette route, il reste à gagner la bataille d'Alep, la mère des batailles.

Pour l'opposition, c'est l'heure des révisions déchirantes. Le processus politique de Genève I et II est désormais mort, les jihadistes ont gravement nui à l'image de la révolte. Pire : les Occidentaux, Européens en tête, redoutent maintenant le retour des "affreux" de l'insurrection, c'est-à-dire des combattants radicaux. A Beyrouth, un ancien responsable syrien aujourd'hui proche de l'opposition me disait ne plus rien attendre d'une troisième voie modérée et souhaitait ouvertement la victoire de Bachar Al-Assad pour mettre fin à la destruction du pays.

Michel Kilo, l'une des figures historiques de l'opposition syrienne ne va pas jusque là, mais avoue que tout est à reconstruire au sein de l'opposition.

L'opposant Michel Kilo

C'est vrai la présidentielle syrienne est controversée, mais elle montre surtout que c'est désormais Bachar Al-Assad qui a repris l'initiative. Signe intéressant : plusieurs diplomates européens, notamment des pays scandinaves, refont des allers retours entre Beyrouth et Damas pour ne pas perdre le contact avec la capitale syrienne. Comme si le vent avait tourné...

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