"La chute de Bachar Al-Assad est-elle probable ? Est-elle souhaitable ?" Un think tank européen basé à Madrid, FRIDE, pose ces questions dans son dernier rapport sur la Syrie (http://www.fride.org/publication/1013/assad%27s-fall:-how-likely,-how-desirable?). Un an après le déclenchement de la révolte syrienne et plus de 11 000 morts, le régime de Bachar Al-Assad tient toujours. Un journaliste syrien me disait récemment : "le régime a perdu... mais l'opposition n'a pas gagné!"

C'est tout le paradoxe et la complexité de la crise syrienne : une sorte d'impasse meurtrière interminable. Si le rapport de FRIDE, rédigé par Barah Mikail, explique que "la situation actuelle n'est pas tenable" et que Bachar Al-Assad "ne restera pas éternellement au pouvoir" , il explore aussi les pièges d'une chute rapide et brutale du régime baasiste.

Le risque de guerre civile et de violence confessionnelle vient en tête. Les exemples irakiens et libyens n'incitent guère à l'optimiste. Autre danger qui guette la Syrie : les intérférences étrangères: "la période post-Bachar pourrait voir l'implication de plus en plus grande de groupes étrangers basés dans les pays voisins de la Syrie (...) La Jordanie, la Turquie, le Liban et l'Irak hébergent des mouvements et des individus désireux de profiter de leur proximité avec la Syrie pour provoquer des changements radicaux. "

Le rapport poursuit : "la présence de salafistes à la frontière syrienne après les soulèvements de 2011 est un indicateur que ces groupes ont bien l'intention de saisir leur chance." Alors, quel scénario à court terme ? Barah Mikail estime que dans la mesure où une chute soudaine de Bachar Al-Assad est peu probable, de même qu'une intervention militaire extérieure, la violence va continuer car "le régime reste l'acteur le plus puissant" . Pour combien de temps encore ? Personne ne le sait. Seule certitude pour Barah Mikail, "la diplomatie reste la meilleure option" pour accompagner la transition politique.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.