Valls à l'Assemblée nationale
Valls à l'Assemblée nationale © MaxPPP

Des frappes aériennes seront nécessaires contre le groupe État islamique en Syrie mais la France choisira seule ses cibles, car il est hors de question qu'une telle intervention "renforce" le régime du président Bachar al-Assad, a déclaré mardi Manuel Valls.

Lors d'un débat à l'Assemblée consacré à l'engagement français en Syrie , le Premier ministre, en écho à François Hollande, a écarté l'option "inconséquente" et "irréaliste" d'opérations terrestres, comme le réclame une bonne partie de l'opposition de droite.

"Est-ce qu'une intervention exclusivement aérienne, sans troupes au sol, sans mandat international, sans mobilisation des grandes puissances régionales, apporterait un bénéfice stratégique dans la durée ? Nous pensons que non", a ainsi déclaréChristian Jacob , chef de file des députés "Les Républicains".

Le député a également dénoncé des "errements" de François Hollande sur le sujet

Intervenir au sol serait tomber dans le "piège" des djihadistes -- "Nous contraindre à intervenir sur le terrain pour nous enliser" --, a plaidé Manuel Valls, qui a cité les exemples de l'Irak et de l'Afghanistan .

Pour autant, a-t-il poursuivi,

Si une coalition de pays de la région se formait pour aller libérer la Syrie de la tyrannie de Daesh, alors ces pays auraient le soutien de la France

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L'échéance d'éventuelles frappes aériennes reste lointaine

Le Premier ministre a précisé que les vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie, entamés le 8 septembre, dureraient "plusieurs semaines certainement " avant le début des frappes.

"Nous le savions dès le départ, et, sans démagogie, nous devons cette vérité à nos concitoyens : combattre les groupes terroristes, lutter contre Daesh ne peut être qu'un combat de longue haleine", a-t-il souligné.

Le député Philippe Nauche , intervenant pour le groupe socialiste, a évoqué des frappes "sur les centres névralgiques et logistiques de Daesh, qui constituent la base arrière de leurs attaques contre notre population".La France, a souligné Manuel Valls, choisira seule les objectifs. "Il est hors de question que par ces frappes, nous contribuions à renforcer le régime de Bachar al-Assad".

Pour Paris, le dirigeant syrien "ne peut en aucun cas être la solution", comme le suggèrent des responsables de droite, tel l'ancien Premier ministre François Fillon .

Avec un homme responsable de tant de morts, de crimes de guerre et contre l'humanité, aucun compromis, aucun arrangement n'est possible. Transiger, pactiser, comme le proposentcertains, ce serait une faute morale"

a jugé Manuel Valls, qui a regretté que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne n'aient pas été "au rendez-vous" à l'été 2013.

La solution politique au conflit syrien est "d'aller vers un accord qui tourne définitivement la page des crimes de Bachar al-Assad" , a-t-il dit. "Nous ne ferons rien qui puisse consolider le régime" .Plaidant pour une "convergence" des efforts diplomatiques, Manuel Valls a assuré que la France parlait "à tous", y compris aux Russes, "dont les positions demeurent éloignées des nôtres".

Le Premier ministre a défendu l'inclusion de la Turquie, qui doit "toutefois préciser davantage ses objectifs", et de l'Iran, qui "doit peser positivement", dans les efforts diplomatiques.

Et les soutiens de Bachar al-Assad ?

Bombarder les terroristes de l'État islamique sans faire le jeu du président syrien, c'est donc l'objectif de la France. Mais le régime syrien dispose encore de soutiens internes et externes qui le considèrent comme l'ultime rempart contre les djihadistes.

Des soutiens qui n'ont pas l'intention de lâcher le dirigeant syrien, Christian Chesnot

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