Le Président des États-Unis Barack Obama réfléchit durant une réunion budgetaire dans la chambre Roosevelt le 27 avril 2009
Le Président des États-Unis Barack Obama réfléchit durant une réunion budgetaire dans la chambre Roosevelt le 27 avril 2009 © The Official White House Photostream / Pete Souza

Les deux pays ont clairement fait comprendre qu'ils sanctionneraient le président syrien Bachar al Assad pour l'attaque à l'arme chimique du 21 août près de Damas, que les inspecteurs de l'Onu ont quitté samedi matin. Mais sous quelle forme ?

A Washington, Barack Obama a déclaré qu'il n'avait pas encore pris sa décision définitive mais a précisé que l'intervention envisagée prendrait la forme d'un engagement limité dans la temps qui n'impliquerait pas de troupes au sol.

"Nous ne pouvons accepter un monde où les femmes et les enfants et des civils innocents sont gazés à une échelle terrible. Ce genre d'attaques est un défi au monde."

François Hollande a annoncé de son côté, dans une interview accordée au Monde, que la France restait déterminée à sanctionner le régime syrien. "Le massacre chimique de Damas ne peut ni ne doit rester impuni", dit-il.

Il a redit par ailleurs son hostilité à "une intervention internationale qui viserait à 'libérer' la Syrie ou à renverser le dictateur", mais a estimé "qu'un coup d'arrêt doit être porté à un régime qui commet l'irréparable sur sa population".

Les deux présidents, qui se sont entretenus vendredi par téléphone, partagent les mêmes certitudes sur "la responsabilité indubitable" du régime de Bachar al Assad, a déclaré dans la soirée la présidence française.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry compte beaucoup sur ses "alliés français". Aurélien Colly.

D'autres consultations se sont tenues. John Kerry a ainsi eu des contacts avec ses homologues d'une dizaine de pays, dont l'Arabie saoudite, et le secrétaire général de la Ligue arabe.

En revanche, le Royaume-Uni a jeté l'éponge jeudi, en refusant de s'engager en Syrie. Une position qui a fait grincer des dents outre-Atlantique...

C'est un couac dans les relations anglo-américaines, Franck Mathevon...

Les inspecteurs de l'Onu ont quitté la Syrie

Un rapport des services américains de renseignement rendu public vendredi avance un bilan de 1.429 morts dans l'attaque du 21 août, dont 426 enfants.

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Fondé en partie sur l'interception de communications entre hauts responsables syriens, il indique que les autorités américaines ont "un degré élevé de certitude" que le gouvernement d'Assad est responsable de ces bombardements chimiques.

Le gouvernement syrien a réagi en réfutant ce qu'il qualifie de "mensonges sans fondement" constituant selon lui "une tentative désespérée" de justifier une attaque militaire contre la Syrie.

A l'Onu, dont les experts en armes chimiques ont quitté leur hôtel de Damas samedi matin et ont franchi la frontière libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a indiqué aux membres permanents du Conseil de sécurité réunis à huis clos que les analyses des échantillons collectés pourraient prendre jusqu'à deux semaines, ont rapporté des diplomates.

Le point à 13h avec Valérie Crova, à Beyrouth.

"Il ne s'agit pas d'un processus électoral, avec sondages sortie des urnes et résultats préliminaires. C'est un processus scientifique et le seul résultat qui compte, c'est le résultat des analyses en laboratoire et des analyses des preuves recueillies notamment par les déclarations de témoins", a expliqué Martin Nesirky, porte-parole de l'Onu.

Mais alors qu'un sixième navire de guerre de la marine américaine croise désormais dans le secteur oriental de la Méditerranée, non loin de la côte syrienne, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a souligné que les Etats-Unis n'attendaient des inspecteurs de l'Onu rien qu'ils ne sachent déjà.

Ne pas "fermer les yeux"

Le chef de la diplomatie américaine a présenté par ailleurs une série de preuves censées démontrer que les forces d'Assad sont bien derrière l'attaque du 21 août.

La Syrie, a estimé Kerry, ne doit pas échapper aux conséquences de cette attaque, ne serait-ce que pour adresser un signal à ceux qui envisageraient d'utiliser des armes chimiques à l'avenir.

"L'Histoire nous jugerait tous extraordinairement durement si nous fermions les yeux sur l'utilisation gratuite d'armes de destruction massive par un dictateur", a déclaré John Kerry.

"Aussi la question de fond n'est vraiment plus : que savons-nous ? La question est : qu'allons-nous - nous tous ensemble - en faire ?", a ajouté le chef de la diplomatie américaine.

Punir Bachar al-Assad, oui, mais pourquoi faire ? C'est la question posée ce matin sur France Inter par Arnaud Danjean, député UMP et président de la sous commission de la Défense au Parlement européen.

Pour lui, il faut s'interroger sur la meilleure façon d'empêcher le régime syrien de récidiver.

Le calendrier de l'attaque - qui devrait selon toutes vraisemblances passer par des tirs de missiles de croisière - reste incertain. Mais l'agenda des prochains jours est compliqué: Barack Obama doit partir mardi soir pour la Suède puis pour le sommet du G20 en Russie.

Le président américain, qui a fait de l'emploi d'armes chimiques en Syrie une "ligne rouge" à ne pas franchir, doit aussi persuader les Américains, fatigués des guerres en Irak et en Afghanistan, d'accepter une nouvelle intervention américaine.

L'opinion américaine demeure majoritairement hostile à une intervention militaire en Syrie, révèle vendredi un sondage Reuters/Ipsos qui indique cependant que le soutien à une action contre le régime de Bachar al Assad a progressé.

Ils sont 53% à estimer que les Etats-Unis doivent rester à l'écart de la guerre civile en Syrie, contre 60% une semaine plus tôt.

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