Face au blocage du Conseil de sécurité, la France s'est repliée sur une action diplomatique des petits pas. Il s'agit d'aider financièrement les conseils révolutionnaires mis en place dans les localités qui se sont libérés du régime, notamment à la frontière syro-turque. Pour le quai d'Orsay, il faut soutenir cette "révolution civile qui coexiste avec le volet militaire ."

La France appuie jusqu'à présent 12 conseils révolutionnaires, composés de civils et de militaires, sorte de conseils municipaux élargis. Au total, Paris a donné 1 million d'euros pour financer des projets locaux comme la réhabilitation d'une boulangerie. Au-delà de cette aide symbolique, l'analyse de la situation est la même au Quai d'Orsay :"le régime est toujours sur la même pente : il contrôle moins de territoire, les défections continuent, il a moins d'argent et son isolement international augmente."

Petite inflexion tout de même dans le langage : au Quai d'Orsay, on ne parle plus de chute brutale de régime. On laisse maintenant entendre qu'il faudra plus de temps que prévu. En coulisse, certains diplomates estiment que Paris a eu tort de couper trop vite avec le régime de Bachar Al-Assad, car aujourd'hui la France dispose d'une marge de manoeuvre diplomatique très faible."Nous avons grillé nos cartouches trop tôt" , regrette un diplomate.

Un diplomate arabe est encore plus sévère : « La France radote. Elle a adopté une position morale inopérante vu le contexte sur le terrain où ni les rebelles ni le régime ne peuvent l’emporter. On a pu régler la crise yéménite en sous-traitant le dossier à l’Arabie saoudite. Dans le cas syrien, ce n’est pas possible. La solution ne viendra pas d’en bas parce que le conflit oppose maintenant des grandes puissances et des acteurs régionaux comme l’Iran. La solution viendra d’en haut. » Tout le contraire de la ligne française...

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