En langage diplomatique, on appelle ça une ligne rouge, c'est-à-dire une ligne infranchissable sous peine d'être puni sévèrement. Dans le cas de la crise syrienne, les pays occidentaux, Etats-Unis et France en tête, évoquent la "ligne rouge" des armes chimiques. Le même message est martelé inlassablement depuis plusieurs semaines : si Bachar Al-Assad utilise ses armes de destruction massive contre son propre peuple, alors, une intervention militaire sera possible, y compris sans le feu vert de l'ONU.

Evidemment, tout le monde a en tête le massacre perpétré par Saddam Hussein contre le village d'Halabja en mars 1988 à la fin de la guerre Iran-Irak et le gazage de milliers de Kurdes. A l'époque, le raïs irakien était encore l'allié des Occidentaux contre l'Iran de Khomeyni : les ONG s'étaient indignées, les Etats, eux, avaient fermé les yeux, et ce n'est que bien plus tard qu'ils s'étaient souvenus de l'horreur du massacre d'Halabja. Entre-temps, Saddam Hussein n'était plus fréquentable...

Aujourd'hui, Bachar Al-Assad sera-t-il assez fou pour employer des armes chimiques ? Les satellites d'observation sont pointés sur la Syrie. "Nous savons où se trouvent les stocks d'armes chimiques, nous confiait récemment un diplomate. Nous avons noté des mouvements pour regrouper les stocks afin qu'ils ne tombent pas dans les mains des rebelles."

Le problème de la "ligne rouge" posée par les Occidentaux, c'est qu'elle peut aussi être interprétée non pas comme une menace à Bachar Al-Assad mais plutôt comme un aveu de faiblesse et d'impuissance. Autrement dit, laissent entendre les Européens et les Américains, tant que le régime n'utilise pas d'armes chimiques... il n'y aura pas d'intervention miltaire! Et ça, le régime syrien a bien reçu le message 5 sur 5...

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