En Syrie, difficile d'être neutre. Même pour les médecins, il faut choisir son camp. Soigner des blessés peut mener directement en prison. Bref, la peur a envahi les hôpitaux, selon Médecins sans frontière (MSF) qui vient de mener une mission clandestine dans la région d'Idlib dans le nord du pays.

Outre les difficultés matérielles (coupures d'électricité, manque de matériel, etc), c'est tout le secteur hospitalier qui est militarisé. La banque du sang est aujourd'hui placée sous le strict contrôle des services de sécurité qui exigent des informations sur le type de blessure et l'identité des blessés. Les raids dans les hôpitaux sont aussi fréquents pour traquer les opposants.

Dounia Dekhili, responsable adjointe des programmes d'urgence de MSF

Côté rebelles, on organise comme on peut des structures médicales de fortune ainsi que des filières d'approvisionnement en médicaments. Un appartement peut servir d'infirmerie. Mais là encore, rapporte MSF, c'est toujours sous le contrôle des armes. Chaque groupe armé veillant jalousement sur ses propres circuits de ravitaillement et ses lieux médicalisés. Dans ce domaine, les Frères musulmans syriens sont très bien organisés, explique-t-on à MSF.

Dounia Dekhili

Certains patients parviennent à s'exfiltrer de Syrie et arrivent en Jordanie ou au Liban pour recevoir des soins adaptés. Pour les autres, ceux qui restent, il vaut mieux que leurs blessures ne soient pas trop graves... Cette militarisation du secteur médical montre que le pays glisse doucement sur la pente de la guerre civile. Réunissant quelques journalistes à déjeuner avant de quitter le Quai d'Orsay, Alain Juppé n'a pas caché une forme d'impuissance : "je suis allé jusqu'au bout de ce que je pouvais dire aux Russes. Ca ne peut plus durer comme ça. Ca va être la guerre civile parce que les armes passent."

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