Le cycle de manifestations et de répression se poursuit en Syrie, à l’abri des regards, frontières fermées. Des centaines de milliers de personnes défilent régulièrement depuis la mi-mars en exigeant le départ de Bachar al-Assad. Des protestations réprimées par des opérations militaires d'envergure.

La répression du soulèvement a fait plus de 3.000 morts selon l'ONU, les funérailles se transformant régulièrement en manifestations massives appelant à la chute du régime.

Dans ce contexte de violence généralisée et de peur, un rapport d’Amnesty International dénonce l’utilisation des hôpitaux, par le pouvoir syrien, comme « instruments de la répression » .

Dans ce rapport de 39 pages publié aujourd’hui, l'organisation de défense des droits de l'homme explique que des patients d'au moins quatre hôpitaux publics ont été brutalisés et soumis à la torture par le personnel hospitalier, agissant en accord avec des fonctionnaires de la sécurité.

Mais à l’inverse, les médecins et les infirmiers sont eux-mêmes arrêtés et torturés lorsqu’ils sont soupçonnés d'avoir prodigué des soins à des manifestants.

Selon l’ONG, beaucoup de blessés n’osent plus se présenter dans les hôpitaux. En Syrie le personnel hospitalier est mis dans une situation impossible, forcé de choisir entre traiter les personnes blessées et préserver sa propre sécurité.

Des personnels de santé, brutalisés torturés, parce qu’ils ont soigné des opposants

Depuis le début du soulèvement syrien, Amnesty, comme tous les témoins ou observateurs, n'a pas pu se rendre sur le sol syrien. Ce sont donc des témoignages obtenus via internet ou téléphone qui ont été publiés, après vérification. Amnesty International assure que ce rapport est fiable à 100%.

Francis Perrin est vice président d’Amnesty International France

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S Syrie : Amnesty International

Syrie, manifestation contre Bachar al-Assad à Amuda le 30 septembre
Syrie, manifestation contre Bachar al-Assad à Amuda le 30 septembre © Reuters

« Amputer, pour envoyer un message aux manifestants »

Exemple de la répression qui règne dans certains hôpitaux avec Shadi Joneid, médecin et aujourd'hui membre du CNS, le Conseil national syrien. La dernière fois qu'il a mis les pieds en Syrie c'était en mars au début de la révolte dans les rues du pays.

Lui aussi raconte les médecins à qui on interdit de soigner des opposants. Et ces autres soignants qui se servent de la médecine comme une arme contre les manifestants.

Le docteur Shadi Joneid

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S Syrie : témoignage Shadi Joneid

« Les blessés ont peur des hôpitaux, ils préfèrent se laisser mourir chez eux »

Le docteur Ahmed (nous ne donnerons pas son nom) a quitté Homs, une des villes les plus touchées par la répression du régime syrien et s’est réfugié en Arabie Saoudite.

Il a vu un collègue brutaliser les manifestants blessés et a tenté d’en parler à sa hiérarchie. Et c’est lui qui s’est trouvé dans le collimateur du pouvoir.

Docteur Ahmed

54 sec

S Syrie médecin traduit : docteur ahmed

Traduction : Souad Bouzar - voix : Yann Gallic

Manifestation de nuit à Daraa le 24 octobre

> Le rapport d'Amnesty International (en anglais)

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