Malgré le grignotage de l'insurrection, le régime de Bachar Al-Assad estime que la victoire est au bout du fusil. Sur le terrain, il a reconfiguré sa stratégie contre-insurrectionnelle. Il cherche désormais à exposer le moins possible ses soldats et utilise au maximum les bombardements à distance soit par les airs soir par l'artillerie.

Il envoie aussi ses troupes d'élite pour des opérations coup de poing dans certaines zones. Nidal Hamadeh, journaliste libanais qui travaille pour Al-Intiqad, le journal du Hezbollah, a récemment passé plusieurs jours avec les soldats du 104ème bataillon de la garde républicaine, des troupes choyées par le régime.

C'est ce bataillon que le général Manaf Tlass dirigeait avant sa défection en France. Aujourd'hui, le 104ème est commandé par le druze Issam Zahr Eddine, qui était son bras droit. Nidal Hamadeh a suivi ce corps d'élite dans la banlieue sud de Damas dans le quartier de Hajar Al-Aswad non loin du camp palestinien de Yarmouk.

Nidal Hamadeh

L'autre volet de la stratégie du régime de Bachar Al-Assad, c'est la formation de Comités populaires, en fait des milices d'auto-défense dans les quartiers. Il s'agit d'empêcher la rébellion d'infiltrer ces zones. Dans les quartiers ou les villes qu'il bombarde, le message du régime aux habitants est clair : "n'aidez pas l'insurrection, sinon vous le paierez très cher..." C'est ce qu'a pu constater Mohamed Ballout de la BBC en arabe qui revient de Damas.

Mohamed Ballout

Cette tactique est aussi à double tranchant pour le régime. La population qui le soutient encore pourrait à la fin se retourner contre lui, lassée de ces bombardements et de ces punitions collectives. Mais à ce stade du conflit, Bachar Al-Assad n'a aucun état d'âme.

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