Pour la France en particulier et les Occcidentaux en général, la Coalition nationale syrienne (CNS) est censée incarner le peuple syrien dans toutes ses composantes. Ce qui saute aux yeux quand on observe les membres de la CNS dans la salle de réunion de l'hôtel Gonem d'Istanbul, c'est l'absence des femmes. Sur les 61 membres, il n'y a que trois femmes (Mona Moustapha, Soheir Al-Atassi et Rima Fleiha) ! On a l'impression que la révolution est d'abord une affaire d'hommes...

Autre aspect marquant : il n'y a pas de jeunes! La CNS est une assemblée de retraités et d'opposants aux cheveux blancs! Les jeunes, qui ont pourtant lancé le mouvement de contestation en mars 2011, n'existent pas dans les instances de l'opposition en exil... Pas de femmes, pas de jeunes : c'est ennuyeux quand on prétend représenter le peuple syrien et qu'on fait une croix sur l'immense majorité des Syriens!

En coulisse, les débats sont chauds et chacun joue sa carte personnelle. A peine la réunion d'Istanbul avait-elle commencé jeudi 23 mai qu'Ahmed Moaz Al-Khattib lançait son initiative offrant un sauf conduit à Bachar Al-Assad et à 500 membres de son clan. Personne au sein de la CNS n'avait été prévenu... "Moaz Al-Khattib ne sait pas travailler collectivement", constate un diplomate européen.

Quant à la participation de l'Iran à Genève II, certains opposants sont contre, d'autres comme Abdullilah Fahed, représentant des Conseils locaux de Homs, y sont favorables. Pour lui, il faut que l'Iran soit présent autour de la table, tout comme l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, autant de pays qui ont une influence sur le cours des événements en Syrie.

Enfin, certains membres de la CNS reconnaissent que le lancement de la bataille d'Alep en juillet 2012 a sans doute été une erreur militaire, compte tenu du manque de coordination et de planification des combats. Une mauvais préparation qui aujourd'hui coûte chère aux opposants.

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